Publié le 4 novembre 2025 à 21h14. Le dollar a franchi une nouvelle étape symbolique en Argentine, atteignant 1 500 pesos, une valeur que le gouvernement semble désormais considérer comme un équilibre acceptable, suscitant des réactions contrastées parmi les analystes.
- Le taux de change officiel a dépassé les 1 500 pesos à la clôture de la première journée de novembre.
- Le gouvernement a exprimé son confort avec ce niveau de dollar, ce qui est interprété comme un signal par les marchés.
- Les experts divergent quant à la pérennité de cette situation et aux perspectives futures du taux de change.
La devise américaine a terminé la journée à 1 500 pesos au niveau de la Banco Nación, tandis que le taux de change de gros est resté proche du plafond de sa fourchette, à 1 482 dollars. Cette progression intervient après une période de stabilisation post-électorale, et s’explique en partie par une attitude plus conciliante du gouvernement à l’égard de cette valeur. Plusieurs analystes soulignent que cette position gouvernementale est perçue comme un nouveau point de référence par les marchés.
Selon Léo Anzalone, de l’agence INSTANTANÉ,
« Le prix ne baisse pas principalement parce que le ministre (Luis) Caputo lui-même a indiqué qu’il se sent à l’aise avec un dollar autour de 1 500 pesos, et le marché l’a considéré comme un signal clair d’un niveau d’équilibre. »
Léo Anzalone, INSTANTANÉ
Il ajoute que le Trésor semble profiter de cette situation pour reconstituer ses réserves, ce qui contribue à maintenir un plancher au taux de change.
D’autres facteurs entrent également en jeu. Le président du Cepec estime que le maintien des taux d’intérêt à un niveau relativement bas encourage une migration des capitaux vers les instruments libellés en pesos, ce qui soutient la demande de couverture et limite la baisse du dollar.
Mariano Ricciardi, de Conseil en investissement BDI, partage cette analyse :
« Le dollar à 1 500 pesos, comme l’a confirmé le ministre (Luis) Caputo, est une valeur avec laquelle le gouvernement se sent à l’aise, d’une part il ne prend pas de retard et génère de la compétitivité pour les exportations, et en même temps il semble être contrôlé bien qu’il soit dans la bande supérieure, et c’est là que nous pensons que dans les mois à venir il devrait y avoir une sorte de recalibrage des bandes flottantes, puisque l’inflation croissait à un rythme plus élevé que la parité rampante, qui est de 1% mensuellement et élargit les bandes de flottaison. »
Mariano Ricciardi, Conseil en investissement BDI
Il anticipe un possible recalibrage des fourchettes de fluctuation dans les mois à venir, compte tenu de l’inflation qui, selon les prévisions d’octobre, reste élevée.
Cependant, des doutes subsistent quant à la pérennité de ce dispositif. Andrés Reschini, de Solutions financières F2, souligne que, malgré une amélioration des perspectives après les élections, les besoins en devises restent importants et nécessitent un réinvestissement constant des positions couvertes. Il note également que, bien que le compte financier puisse apporter une aide, l’avenir du régime reste incertain.
Enfin, Gaston Lentini estime que, bien que le « risque kuka » (l’incertitude politique) se soit atténué, la Banque centrale continue de faire face à des réserves nettes négatives et à la nécessité d’achats d’État. Il suggère que l’ajustement des taux d’intérêt à un niveau de 25 à 30 % pourrait réactiver le crédit et stimuler l’économie.
Miguel Ponce a souligné que le dollar est un instrument stratégique pour les États-Unis.
Le dollar bleu a baissé ce 3 novembre.
Cavallo a demandé d’éliminer les stocks et d’autoriser le dollar comme monnaie légale.
