Prévu pour sortir en salles le 28 août, le film hybride Coyote vs. Acme arrive enfin sur grand écran après avoir frôlé l’effacement permanent en novembre 2023 à la suite d’une décision de suppression fiscale prise par le studio sous la direction de David Zaslav.
Le parcours chaotique de cette comédie loufoque, mêlant action réelle et animation 2D, s’apparente à une véritable satire de la culture du litige et de l’arrogance des conglomérats américains selon la critique spécialisée. Longtemps bloqué dans les tiroirs du studio malgré des projections tests très positives, le long-métrage a finalement été sauvé de l’oubli par un distributeur indépendant, offrant une revanche inattendue à son équipe de création.
Un projet menacé par la politique de réduction des coûts de Warner Bros.
Le film, inspiré d’une chronique humoristique publiée en 1990 dans le New Yorker par Ian Frazier, met en scène le célèbre canidé poursuivant inlassablement son ennemi juré tout en décidant de porter plainte contre la société Acme pour malversations corporatives.

Will Forte, qui incarne l’avocat commis d’office Kevin Avery, a qualifié sa réaction initiale de colère blanche face à la décision soudaine de l’entreprise selon les entretiens accordés par l’acteur.
Will Forte, acteur principal, a indiqué via The Globe and Mail qu’il avait ressenti une frustration extrême, une frustration ardente, beaucoup de colère et une colère rougeoyante.

L’onde de choc s’est propagée auprès des autres membres de la distribution, dont Lana Condor, qui interprète la collègue d’Avery au sein de l’intrigue.
Lana Condor, actrice, a déclaré via The Globe and Mail qu’elle se souvenait avoir reçu un appel téléphonique de son équipe lui annonçant que le film avait été testé cette semaine-là auprès du public, que les retours étaient vraiment excellents et qu’ils étaient tous heureux et enthousiastes, avant d’ajouter que c’était le lendemain qu’elle avait reçu l’appel lui disant qu’en fait, non, le film allait être mis de côté, ce qui lui a fait l’effet d’un coup de fouet cervical.
Le rachat par Ketchup Entertainment et la résurrection au cinéma
Face à la levée de bouclier des cinéphiles et des professionnels de l’industrie, le studio a finalement fait machine arrière en autorisant les producteurs à démarcher d’autres distributeurs. L’entreprise indépendante Ketchup Entertainment s’est portée acquéreur des droits en déboursant la somme de 50 millions de dollars. Cette issue heureuse permet au film d’occuper l’affiche dans plusieurs territoires cet été, avec une sortie fixée au 21 août au Royaume-Uni, le 28 août aux États-Unis et le 17 septembre en Australie.
Réalisé par Dave Green sur un scénario signé de la nommée aux Oscars Samy Burch, le long-métrage s’inscrit dans la lignée des classiques du genre mêlant prises de vues réelles et personnages animés. La distribution réunit également John Cena dans le rôle du conseiller juridique d’Acme, aux côtés d’une multitude de figures historiques des Looney Tunes, incluant le personnage parodique de Dr. Lorre inspiré de Peter Lorre, ainsi que les voix d’Eric Bauza et Jim Cummings.
Une première projection sous haute tension au Comic-Con de San Diego
Avant sa sortie commerciale, le film a connu sa première projection publique dans les allées climatisées du San Diego Convention Center. Un moment fort en émotions pour le réalisateur Dave Green, qui n’avait pas revu son œuvre depuis trois ans et avait initialement envisagé de bouder l’événement en raison de l’intensité de l’expérience.
Dave Green, réalisateur, a confié via The Hollywood Reporter qu’il était follement nerveux au point de se dire qu’il n’allait pas assister à la projection du film, qu’il ne pouvait pas le revoir et que c’était beaucoup too intense.
Encouragé par le producteur Chris DeFaria, qui lui a rappelé que ce combat faisait partie intégrante du métier, le cinéaste a finalement assisté à la séance qui a reçu un accueil triomphal de la part du public. Pour l’équipe artistique, cette projection a validé toutes les années de lutte menées pour sauver le projet d’une destruction administrative définitive, transformant un échec institutionnel en une victoire populaire pour la communauté créative hollywoodienne.