Publié le 22 décembre 2023 06:00:00. Le nouveau film retraçant l’épisode tumultueux de Saipan, qui a marqué la préparation de l’équipe d’Irlande pour la Coupe du Monde de 2002, suscite la controverse en raison de ses inexactitudes historiques, ravivant les débats autour de la mémoire collective et de la liberté artistique.
- Le film Saipan, récemment sorti en Irlande, est critiqué pour sa représentation biaisée des événements ayant conduit à l’exclusion de Roy Keane de la Coupe du Monde 2002.
- L’auteur souligne que le film reprend une version erronée des faits concernant une altercation entre Roy Keane et Mick McCarthy, attribuant à Keane une phrase qu’il n’aurait jamais prononcée.
- L’article établit un parallèle entre la liberté prise avec l’histoire dans Saipan et celle du film Amadeus, soulignant la tension entre exactitude historique et impact émotionnel.
La sortie du film Saipan a relancé les discussions autour des événements qui ont secoué l’équipe nationale irlandaise de football en 2002. L’œuvre, qui met en scène la préparation chaotique de l’équipe pour la Coupe du Monde, est accusée de prendre des libertés avec la vérité historique, notamment en ce qui concerne la dispute entre le capitaine Roy Keane et le sélectionneur Mick McCarthy.
L’auteur de l’article s’appuie sur son propre souvenir de l’époque et sur des témoignages pour déconstruire certains éléments du film. Il met particulièrement en lumière une scène où Keane est censé avoir reproché à McCarthy de ne pas être suffisamment irlandais, une accusation que l’auteur affirme fausse. Selon lui, Keane n’aurait jamais prononcé cette phrase, qui aurait été inventée de toutes pièces par les scénaristes.
« Keane a dit beaucoup de choses terribles à McCarthy lors de cette réunion, mais « vous n’êtes même pas irlandais » n’en faisait pas partie », explique l’auteur, soulignant que cette pique aurait été particulièrement blessante pour McCarthy et pour de nombreux joueurs de l’équipe, dont onze étaient nés en Angleterre.
Cette inexactitude historique est d’autant plus regrettable, selon l’auteur, que le film se présente comme une reconstitution fidèle des faits. Il rappelle que McCarthy lui-même avait contacté les producteurs du film avant sa sortie, s’étonnant de l’intérêt porté à cet épisode controversé. La réponse des producteurs, rapportée par l’auteur, est révélatrice : « dans notre métier, vous pouvez raconter la même histoire tous les 10 ans à un nouveau public ».
L’auteur établit un parallèle intéressant avec le film Amadeus, qui prend également de nombreuses libertés avec la réalité historique. Il reconnaît que Amadeus est une œuvre captivante, mais souligne que son récit de la rivalité entre Mozart et Salieri est largement fictif. Il se demande si l’impact émotionnel d’une histoire justifie de sacrifier l’exactitude historique.
« Le fait est que cette fausse histoire s’avère également vraie – du moins sur le plan émotionnel – parce que nous avons tous ressenti une certaine version de ce que ressent Salieri », écrit-il, suggérant que la force d’une œuvre réside parfois dans sa capacité à résonner avec les émotions universelles, même si elle s’éloigne de la vérité factuelle.
L’article se termine sur une note amère, l’auteur exprimant son scepticisme quant à une nouvelle adaptation télévisée d’Amadeus. Il craint de ne pas pouvoir accepter une « réimagination » hérétique d’un film auquel il est profondément attaché. Il conclut en soulignant que Saipan n’a jamais eu de chance, condamné d’avance à être jugé à l’aune des souvenirs de ceux qui ont vécu les événements.


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