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Le FMI prévoit une croissance à court terme en Corée et met en garde contre les droits de douane

by Clara Dubois

Séoul peut espérer une amélioration économique à court terme, mais devra faire face aux conséquences des droits de douane américains, avertit le Fonds monétaire international (FMI). L’organisation internationale souligne l’importance de réformes structurelles pour assurer une croissance durable face aux défis démographiques.

Le FMI anticipe une reprise de la croissance économique sud-coréenne, soutenue par une diminution des tensions politiques internes et des mesures de relance budgétaire. Thomas Helbling, directeur adjoint du département Asie-Pacifique, a précisé que ces mesures, représentant un peu moins de 1 % du produit intérieur brut (PIB), devraient stimuler l’économie dans la seconde moitié de l’année et au cours de l’année prochaine.

« À court terme, nous constatons une reprise de la croissance (de l’économie coréenne) pour deux raisons. Premièrement : une moindre incertitude politique intérieure, ce qui soutiendra la consommation », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse jeudi.

Cependant, le FMI met en garde contre l’impact croissant des droits de douane imposés par les États-Unis, qui pourraient freiner le potentiel de croissance du pays. L’organisation prévoit une croissance de 0,9 % pour la Corée du Sud cette année, et de 1,8 % en 2026, un chiffre qu’elle juge « proche » de la croissance potentielle, mais insuffisant pour atteindre les 2 à 2,1 % observés auparavant.

« Les effets des tarifs douaniers vont commencer à se développer, en début de période, et des facteurs spéciaux ont en partie atténué l’impact des tarifs jusqu’à présent, mais ils vont se renforcer dans une certaine mesure », a expliqué M. Helbling.

Pour stimuler une croissance plus forte à long terme, le FMI insiste sur la nécessité de réformes structurelles, notamment dans les domaines de la productivité, du marché du travail et de la diversification économique. La nouvelle stratégie économique du gouvernement coréen, axée sur la productivité, le capital humain et la diversification, va dans ce sens, selon l’organisation.

« Les politiques macroéconomiques ne peuvent donc pas aider. La politique budgétaire peut jouer un rôle supplémentaire dans le sens où elle peut réorienter les dépenses. Vous pouvez soutenir les réformes visant à accroître la productivité… les réformes du marché du travail, etc. », a-t-il ajouté.

Concernant le niveau d’endettement de la Corée du Sud, qui s’élève actuellement à environ 50 % de son PIB, le FMI le considère comme relativement faible, offrant au gouvernement une « marge de manœuvre budgétaire à court terme ». Néanmoins, il recommande une gestion prudente de cette marge de manœuvre, en tenant compte des pressions budgétaires à long terme liées au vieillissement de la population et à l’augmentation des coûts des retraites et des soins de santé.

« Le point clé pour la Corée, cependant, est de relier le court terme au long terme. À long terme, la Corée sera confrontée à des pressions budgétaires dues à la démographie, à savoir le vieillissement rapide de la population. Il est donc important de se préparer à l’augmentation des coûts des retraites et des soins de santé », a-t-il souligné.

Par ailleurs, Krishna Srinivasan, directeur du département Asie-Pacifique, a mis en évidence la vulnérabilité de l’Asie aux tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, en raison de son intégration profonde dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et de sa forte dépendance au commerce extérieur. Il a toutefois souligné les opportunités pour la région de se tourner davantage vers une croissance tirée par la demande intérieure et de renforcer l’intégration régionale.

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