Publié le 2025-10-22 03:00:00. Des doutes persistent quant au match de Liga entre Villarreal et Barcelone prévu à Miami, le Real Madrid ayant initialement exprimé des réserves et le Conseil supérieur des sports (CSD) attendant une réponse officielle de la Fédération espagnole de football (RFEF).
- Le Real Madrid a soulevé des questions concernant l’organisation du match à Miami, ce qui a conduit le CSD à demander des éclaircissements à la RFEF.
- Le président du CSD, José Manuel Rodríguez Uribes, souligne que l’intervention de son organisme est motivée par le soutien de Florentino Pérez, dont le club a déjà refusé d’organiser la Supercoupe féminine à Miami.
- L’UEFA a donné son accord « exceptionnel » pour le match, malgré son opposition générale à l’organisation de matchs de championnat à l’étranger.
La controverse autour du match de Liga entre Villarreal et Barcelone, programmé pour le 20 décembre à Miami, s’intensifie. Le Conseil supérieur des sports (CSD) a révélé avoir reçu, il y a quelques semaines, un courrier du Real Madrid exprimant des doutes quant à l’organisation de cette rencontre aux États-Unis. José Manuel Rodríguez Uribes, président du CSD, a confirmé cette information, soulignant que l’intervention de son organisme est une réponse directe à cette demande d’éclaircissements.
« Nous avons répondu à Madrid et demandé à la Fédération espagnole de football de nous fournir des informations formelles », a déclaré Uribes. « Nous prendrons une décision lorsque nous aurons ces informations, toujours dans le cadre de la loi et de nos pouvoirs. » Il a également précisé que son action est motivée par le soutien de Florentino Pérez, dont le club a déjà manifesté son opposition à l’organisation de la Supercoupe féminine à Miami.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions entre les différents acteurs du football espagnol. La Fédération des actionnaires et partenaires du football espagnol (FASFE) et d’autres acteurs avaient initialement sollicité l’intervention de José Manuel Rodríguez Uribes, ce qui explique, selon ses dires, sa réaction. Il est à noter que le président de l’AFE, David Aganzo, s’est opposé à cette décision.
Le 11 août dernier, le Conseil d’Administration de la RFEF avait annoncé qu’il soumettrait la demande des clubs Villarreal CF et FC Barcelone d’organiser le match aux États-Unis à l’UEFA, après avoir examiné la documentation reçue. Cependant, Joan Laporta, président du FC Barcelone, a affirmé que son club se conformera aux décisions de la Liga :
« Le club jouera partout où le dit la Liga. »
Joan Laporta, président du FC Barcelone
L’UEFA a finalement donné son accord, bien qu’elle maintienne son opposition de principe à l’organisation de matchs de championnat à l’étranger. Dans un communiqué, elle a indiqué qu’elle autorisait « exceptionnellement » et « à contrecœur » le match Villarreal-Barcelone à Miami, ainsi que le match Milan-Côme à Perth (Australie), à la demande de la fédération italienne de football (FIGC).
L’AFE a convoqué une réunion avec la Liga, le FC Barcelone et Villarreal pour la semaine prochaine, à laquelle participeront des représentants des capitaines des équipes de première division. Les joueurs ont demandé à plusieurs reprises des informations sur ce match et ont averti qu’ils pourraient envisager un arrêt si leurs demandes ne sont pas satisfaites.
Des questions subsistent quant aux contreparties financières liées à l’organisation de ce match, notamment concernant l’accord conclu par Javier Tebas, président de la Liga, avec Sporting Group International. Certains observateurs suggèrent que l’UEFA aurait pu céder aux pressions de la FIFA, qui aurait exigé son accord pour que l’entreprise retire un procès en cours contre elle.
En 2018, Gianni Infantino, président de la FIFA, avait déclaré :
« Les matches de championnat national doivent être joués dans le pays lui-même. »
Gianni Infantino, président de la FIFA
Le CSD attend désormais une réponse officielle de la RFEF pour déterminer si une intervention est nécessaire. Uribes a souligné que son organisme n’est pas compétent pour autoriser ou refuser le match, mais qu’il vérifiera s’il existe un conflit de pouvoirs entre la RFEF et la Liga. Le Parlement européen a récemment adopté un rapport demandant aux instances dirigeantes du sport d’empêcher l’organisation de matchs de compétitions internes à l’étranger, ce qui pourrait également influencer la décision finale.
L’affaire met en lumière les tensions entre les intérêts économiques et les principes sportifs, ainsi que les enjeux de pouvoir au sein du football espagnol. Le match de Miami, autorisé par la RFEF sous l’impulsion de Javier Tebas, et malgré les réticences de certains acteurs, continue de susciter la polémique.
