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Le gouvernement de Curaçao décline toute responsabilité dans le scandale fiscal

by Nicolas Lefèvre

Publié le 7 novembre 2025 à 07h31. Le gouvernement de Curaçao a esquivé toute prise de responsabilité politique concernant les dysfonctionnements au sein de l’administration fiscale, lors d’une séance parlementaire tendue, tandis que l’absence de figures clés a empêché un débat approfondi sur les conclusions d’un rapport d’audit accablant.

  • Le ministre des Finances par intérim, Charles Cooper, s’est déclaré responsable uniquement de répondre aux questions et d’apporter des améliorations futures, sans reconnaître de responsabilité pour les problèmes passés.
  • Le rôle du chef du service des impôts, Alfonso Trona, dans des interventions controversées n’a été que marginalement abordé lors des débats.
  • Des inquiétudes majeures ont été exprimées concernant la fuite de données fiscales confidentielles et les failles structurelles au sein de l’administration fiscale.

La séance parlementaire, consacrée aux problèmes rencontrés par les autorités fiscales de Curaçao, a révélé un manque de volonté politique à assumer la responsabilité des défaillances constatées. Le ministre des Finances par intérim, Charles Cooper, a insisté sur son rôle de réponse aux questions et d’amélioration des processus, mais a soigneusement évité de reconnaître une quelconque responsabilité politique pour les erreurs commises sous la direction de son prédécesseur, Javier Silvania.

Bien que le service d’audit interne SOAB ait conclu qu’Alfonso Trona, le chef du service des impôts, avait outrepassé ses pouvoirs dans des cas de recouvrement individuels, entraînant des pertes de plusieurs millions (le montant exact n’a pas été précisé), cette question n’a été que brièvement évoquée lors des débats parlementaires.

L’absence de M. Trona lui-même, bien qu’il ait reçu l’autorisation du Premier ministre Pisa de comparaître, a été particulièrement frappante. Cette absence a empêché une discussion approfondie sur les conclusions du rapport SOAB et sur son rôle dans les dysfonctionnements constatés.

Le débat a été dominé par les préoccupations concernant la fuite de données fiscales confidentielles vers des tiers, qualifiée de violation de l’État de droit et d’atteinte à la réputation de Curaçao. Les députés ont également souligné des problèmes structurels plus larges, tels que le manque de clarté des responsabilités, l’accès des consultants externes aux systèmes informatiques, le retard dans la modernisation des infrastructures TIC et la nécessité d’une réorganisation de l’administration fiscale.

L’ancien ministre des Finances, Javier Silvania, dont la période de mandat couvre une grande partie de la période examinée, a également été au centre des discussions, mais il était absent de la séance. Les députés n’ont pas abordé les raisons de sa démission ni interrogé M. Silvania sur son rôle dans cette affaire.

Charles Cooper a affirmé qu’il était responsable du service des impôts et s’est engagé à mettre en œuvre des améliorations. Il s’est également déclaré ouvert à une enquête indépendante, tout en soulignant la nécessité d’obtenir davantage de documentation avant de tirer des conclusions définitives. Il n’a pas précisé l’ampleur des pertes financières potentielles liées aux interventions non autorisées de M. Trona.

Malgré un large soutien en faveur de clarifications supplémentaires et d’éventuelles mesures disciplinaires, la réunion parlementaire s’est limitée à des déclarations d’intention. L’absence de M. Trona et de M. Silvania a empêché de poser des questions cruciales et de déterminer les responsabilités individuelles.

Une réunion de suivi sur la réorganisation et la protection des données est prévue prochainement. Des motions spécifiques devraient également être soumises lors de cette réunion.

Juste avant le débat, le gouvernement de Curaçao avait publié un communiqué de presse suggérant que les Pays-Bas avaient offert leur soutien aux enquêtes judiciaires en cours. Cependant, un porte-parole du secrétaire d’État Van Marum (Relations du Royaume) a démenti cette information, précisant qu’aucune offre concrète n’avait été faite. Les Pays-Bas ont simplement exprimé leur volonté d’aider Curaçao en cas de pénurie de personnel, par exemple au sein du ministère public, si une demande était formulée. Aucun accord n’a été conclu concernant une assistance spécifique à l’enquête fiscale.

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