Publié le 17 octobre 2025 à 18h25. Le gouvernement britannique est sous pression pour annuler l’interdiction faite aux supporters du Maccabi Tel Aviv d’assister à un match de Ligue Europa à Birmingham, une décision justifiée par les autorités locales par des craintes liées à la sécurité.
- Les supporters du Maccabi Tel Aviv ne seront pas autorisés à assister au match contre Aston Villa le 6 novembre, en raison de risques de troubles à l’ordre public.
- Le gouvernement britannique affirme faire tout son possible pour revoir cette décision et examine les ressources supplémentaires nécessaires.
- Cette interdiction suscite de vives critiques, notamment de la part de l’opposition et de responsables israéliens, qui dénoncent une discrimination inacceptable.
La décision du Groupe consultatif sur la sécurité (SAG) de Birmingham, qui conseille la police locale sur la délivrance des certificats de sécurité, a été prise après des incidents violents impliquant des supporters du Maccabi Tel Aviv et de l’Ajax Amsterdam lors d’un match à Amsterdam en novembre 2024. Plus de 60 personnes avaient été arrêtées à la suite de ces affrontements, décrits par les autorités municipales comme une « combinaison toxique d’antisémitisme, de hooliganisme et de colère » exacerbée par la guerre à Gaza.
Face à la polémique, le gouvernement britannique assure travailler en étroite collaboration avec la police et d’autres organismes pour garantir que le match puisse se dérouler en toute sécurité avec tous les supporters présents. Une réunion du SAG est prévue la semaine prochaine pour réévaluer la situation.
Un porte-parole du gouvernement a déclaré :
« Personne ne devrait être empêché de regarder un match de football simplement en raison de son identité. »
Porte-parole du gouvernement
L’opposition britannique a également exprimé son mécontentement. Sir Keir Starmer, chef du Parti travailliste, a qualifié la décision d’« inacceptable », ajoutant :
« Nous ne tolérerons pas l’antisémitisme dans nos rues. »
Sir Keir Starmer, chef du Parti travailliste
La police des West Midlands a justifié sa décision en classant le match comme « à haut risque », en se basant sur les renseignements disponibles et les antécédents d’incidents. Le SAG réexaminera sa position si l’évaluation des risques de la police évolue.
La décision a également été critiquée par des responsables israéliens et par Emily Damari, une citoyenne anglo-israélienne récemment libérée après avoir été retenue en otage à Gaza. Elle a déclaré :
« Le football est un moyen de rassembler les gens indépendamment de leur foi, de leur couleur ou de leur religion et cette décision dégoûtante fait exactement le contraire. »
Emily Damari, citoyenne anglo-israélienne
Cette interdiction s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour des événements sportifs, avec des manifestations fréquentes contre la guerre à Gaza. Récemment, 22 personnes ont été arrêtées près du stade Ullevaal à Oslo lors d’un match de qualification pour la Coupe du monde entre la Norvège et Israël, et des affrontements ont éclaté en Italie et en Espagne lors de rencontres impliquant des équipes israéliennes.
Ayoub Khan, député indépendant de Birmingham Perry Barr, a estimé que la décision relevait d’une question morale et a plaidé pour l’application des mêmes restrictions aux équipes de football russes, déjà interdites de compétitions européennes en raison de l’invasion de l’Ukraine.