Publié le 11 octobre 2025 à 09h40. L’attribution du prix Nobel de la paix à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado suscite des réactions contrastées au Brésil, divisant le gouvernement Lula entre prudence diplomatique et inquiétudes quant à une possible escalade des tensions dans la région.
- Le gouvernement brésilien est resté silencieux quant à l’attribution du prix Nobel de la paix à María Corina Machado.
- Des divergences internes existent au sein de l’administration Lula concernant l’opportunité d’une prise de position officielle.
- La décision a suscité des réactions polarisées au sein de la classe politique brésilienne.
L’octroi du prix Nobel de la paix à María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne et cible des menaces du régime de Nicolás Maduro, a provoqué une certaine gêne au sein du gouvernement brésilien. Alors que le président Luiz Inácio Lula da Silva a participé à des événements publics tout au long de la journée, il n’a pas fait de déclaration officielle sur le sujet. La présidence de la République et le ministère des Affaires étrangères (Itamaraty) se sont également abstenues de commenter.
Cette attitude prudente contraste avec les réactions passées du gouvernement brésilien face à l’attribution du prix Nobel à d’autres personnalités, comme Juan Manuel Santos en 2016 et l’ICAN en 2017. Cependant, il n’existe pas de ligne de conduite systématique en la matière. Celso Amorim, conseiller spécial à la présidence, a exprimé des réserves, estimant que le prix comporte un biais politique et remettant en question ses conséquences concrètes.
« Je ne remets pas en question le prix Nobel en ce qui concerne ses qualités personnelles et morales. Pour le Brésil, ce qui compte, c’est l’impact que cela pourrait éventuellement avoir sur la pacification et la réconciliation au Venezuela. »
Celso Amorim, conseiller spécial à la présidence
Amorim a également souligné les craintes que ce prix n’encourage une intervention militaire dans le pays voisin. En coulisses, des diplomates brésiliens affichent des réserves quant à une prise de position officielle, craignant d’irriter Maduro et de compliquer les relations diplomatiques, malgré le maintien de canaux de communication depuis 2023. Un diplomate a souligné que le dirigeant vénézuélien s’est montré favorable aux actions américaines dans les Caraïbes, ce qui, selon lui, ne contribue pas à la stabilité régionale.
Sur le plan intérieur, la décision a suscité des réactions divergentes. Le gouverneur de São Paulo, Tarcísio de Freitas (Républicains), a salué l’attribution du prix sur les réseaux sociaux, affirmant qu’elle « délégitime le régime dictatorial de Maduro » et envoie un message à ceux qui « soutiennent ce régime exécrable ».
*Avec des informations de l’Estadão Conteúdo
Rédigé par Felipe Cerqueira
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