Publié le 2025-11-18 01:05:00. Le gouvernement libéral canadien a évité de justesse une chute, sauvé par le vote favorable de certains députés d’opposition sur son budget controversé. Ce vote intervient alors que le Premier ministre Marc Carney insiste sur la nécessité d’investissements massifs pour contrer les effets des politiques protectionnistes américaines.
- Le budget libéral a été adopté grâce au soutien inattendu de députés de l’opposition, évitant ainsi des élections anticipées.
- Marc Carney défend un plan de dépenses ambitieux pour renforcer l’autonomie économique du Canada face aux tarifs douaniers imposés par les États-Unis.
- Le budget prévoit un déficit important, justifié par la nécessité de compenser les dommages causés par les politiques commerciales américaines.
Le gouvernement libéral minoritaire de Marc Carney a traversé une période de crise lundi, lors du vote crucial sur son budget. L’adoption du plan financier a été rendue possible grâce à l’abstention ou au vote favorable de quelques députés de l’opposition, réticents à l’idée de précipiter le pays dans de nouvelles élections.
Marc Carney avait présenté ce budget comme une occasion « générationnelle » d’investir dans l’avenir économique du Canada, en réduisant sa dépendance vis-à-vis des États-Unis et de l’administration de Donald Trump. Il a souligné l’importance de renforcer la souveraineté économique du pays face aux incertitudes du commerce international.
« Ce n’est pas le moment d’être prudent, car la fortune sourit aux audacieux. »
Marc Carney, Premier ministre du Canada
Élu en avril dernier, Carney a fait du protectionnisme américain une priorité de son mandat. Cependant, son parti n’a obtenu qu’une faible majorité aux dernières élections.
Pour que le budget soit adopté, les libéraux avaient besoin du soutien de deux députés d’opposition ou, à défaut, de leur abstention. Ils ont finalement obtenu un vote favorable de l’opposition avant le scrutin de lundi.
La députée verte Elizabeth May a confirmé son soutien au gouvernement après que Carney se soit engagé à respecter les engagements du Canada en vertu de l’Accord de Paris sur le climat.
Pierre Poilievre, chef de l’opposition conservatrice, a vivement critiqué les propositions de Carney, dénonçant un budget qui creuserait davantage le déficit. Il a qualifié le plan financier de « budget de carte de crédit », affirmant que l’ensemble de son caucus s’y opposait.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD), de gauche, a également exprimé des réserves quant au plan de dépenses, estimant qu’il ne protégeait pas suffisamment les travailleurs menacés par les pertes d’emploi liées aux tarifs douaniers. Toutefois, affaibli par un mauvais résultat aux élections d’avril, un manque de leadership permanent et des difficultés financières, le NPD a hésité à provoquer des élections anticipées.
Dans un communiqué publié après le vote, le NPD a déclaré qu’il était « clair que les Canadiens ne souhaitent pas d’élections pour le moment ». Le parti a justifié son abstention en affirmant qu’il avait choisi de « donner la priorité aux intérêts du pays ».
Dépenses déficitaires
Le budget prévoit un quasi-doublement du déficit par rapport à l’année précédente, atteignant 78,3 milliards de dollars canadiens (55,5 milliards de dollars américains). Marc Carney estime que ces dépenses déficitaires sont nécessaires pour atténuer les conséquences des politiques commerciales de l’administration américaine.
Bien que la majorité des échanges commerciaux bilatéraux restent exempts de droits de douane en vertu de l’accord commercial nord-américain en vigueur, les taxes imposées par Trump sur des secteurs clés tels que l’automobile, l’aluminium et l’acier ont eu un impact significatif sur l’économie canadienne.
Selon Carney, les tarifs douaniers américains et l’incertitude qui les accompagne pourraient coûter aux Canadiens environ 1,8 % de leur produit intérieur brut.
Le Premier ministre a souligné que les investissements dans l’armée et les infrastructures du Canada contribueraient à renforcer la souveraineté économique du pays, tout en avertissant que les relations avec les États-Unis ne retrouveraient pas leur état antérieur à l’arrivée de Donald Trump.
« Le moment est venu de réaliser de grandes choses pour les Canadiens, et de les réaliser rapidement. »
Marc Carney, Premier ministre du Canada
Les sondages réalisés avant le vote de lundi ont révélé qu’une majorité de Canadiens ne souhaitaient pas de nouvelles élections peu de temps après le dernier scrutin. Un sondage de la firme Léger, mené en novembre, a montré que seulement un Canadien sur cinq souhaitait des élections immédiates ou « le plus tôt possible ».
La moitié des Canadiens interrogés par Léger se sont déclarés satisfaits du leadership de Marc Carney, avec un taux d’approbation de son travail de 52 %.
(FRANCE 24 avec AFP)
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