Publié le 19 décembre 2025 à 23h44. Le gouverneur de l’Alaska, Mike Dunleavy, propose une réduction drastique des taxes foncières pour le projet Alaska LNG, un gazoduc de près de 1 300 kilomètres (800 miles) dont le développement est envisagé depuis des décennies, afin de relancer ce projet colossal.
- Le gouverneur envisage une taxe foncière de deux millions de dollars pour le projet, soit une baisse de 90 % par rapport aux taux habituels pour les infrastructures pétrolières et gazières.
- Cette proposition suscite des inquiétudes parmi les élus locaux, qui craignent de devoir compenser la perte de revenus fiscaux.
- Le promoteur du projet, Glenfarne, n’a pas encore commenté les détails de cette proposition fiscale.
L’administration Dunleavy justifie cette mesure par la nécessité de rendre le projet Alaska LNG économiquement viable. Le gazoduc et le terminal d’exportation associés, situés dans le sud de l’Alaska, pourraient créer des milliers d’emplois et générer des revenus importants pour l’État. Cependant, le coût total du projet, estimé à 44 milliards de dollars, reste un sujet de débat.
Peter Micciche, maire de l’arrondissement de la péninsule de Kenai, s’oppose fermement à cette réduction d’impôts. Il estime que les contribuables locaux ne devraient pas supporter une partie des coûts du projet.
« Nous ne pouvons pas subventionner ce projet. Nous devons au moins couvrir nos frais. »
Peter Micciche, maire de l’arrondissement de la péninsule de Kenai
Il craint également des impacts négatifs sur les services publics locaux, notamment les écoles et les services d’urgence.
Le projet Alaska LNG a connu plusieurs revirements de situation au cours des dernières années. Il a pris un nouveau souffle sous l’administration Trump, et a été confié à Glenfarne, un promoteur privé. Ce dernier a annoncé récemment plusieurs accords avec des clients, des investisseurs et des fournisseurs potentiels. Glenfarne et POSCO International ont notamment conclu un accord pour un partenariat stratégique incluant la fourniture de gaz naturel liquéfié et d’acier.
Un cabinet de conseil, GaffneyCline, engagé par la législature de l’État, a souligné la nécessité d’apporter des ajustements au projet, notamment en matière de fiscalité, pour assurer sa faisabilité. Le rapport de GaffneyCline recommande des modifications pour faciliter la réalisation du projet.
La représentante de Fairbanks, Maxine Dibert, envisage de proposer un amendement au projet de loi de Dunleavy pour inclure la construction d’un gazoduc secondaire destiné à alimenter Fairbanks en gaz naturel, réduisant ainsi les coûts énergétiques pour les habitants de la région.
« Pour moi, c’est une ligne rouge. Il faut garantir que cela fasse partie du projet. »
Maxine Dibert, représentante de Fairbanks
Le sénateur républicain Jesse Bjorkman se montre prudent quant à la proposition du gouverneur. Il estime qu’il est préférable d’attendre une décision finale d’investissement (FID) de la part de Glenfarne avant de modifier le régime fiscal. Il souligne que toute réduction d’impôts accordée après la FID aurait peu d’impact sur la décision d’investissement.
Glenfarne n’a pas encore précisé si elle atteindra une FID avant le début de la session législative le 20 janvier, mais a affirmé qu’elle continuait à travailler activement pour mener à bien le projet. L’entreprise prévoit d’autres annonces commerciales dans les prochaines semaines et maintient son objectif d’achever le gazoduc en 2028 et de livrer du gaz aux Alaskiens en 2029.
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