Home NouvellesLe Groupement sanitaire territorial de TTA consolide sa gouvernance régionale de santé

Le Groupement sanitaire territorial de TTA consolide sa gouvernance régionale de santé

by Nicolas Lefèvre
Les indicateurs de performance du GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima

Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale, a présidé le 8 juin 2026 la deuxième session du Conseil d’administration du Groupement sanitaire territorial (GST) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Ce projet pilote, opérationnel depuis l’été 2025, vise à décentraliser la gouvernance sanitaire pour améliorer l’accès aux soins et l’équité territoriale.

Les indicateurs de performance du GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima

Les indicateurs de performance du GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima
Photo: La Vie éco
Le bilan d’activité présenté lors de cette session révèle une hausse notable de l’activité médicale dans la région. Amine Tehraoui a présidé les travaux qui ont permis de quantifier l’impact du nouveau modèle de gestion sur les prestations fournies aux citoyens. L’augmentation des interventions chirurgicales programmées est le point le plus marquant de ce rapport, avec une progression d’environ 35 %. Cette dynamique s’accompagne d’une hausse généralisée des actes de soins et de diagnostic.
Type de prestation Progression enregistrée
Interventions chirurgicales programmées ~ 35 %
Analyses de laboratoire + 24,57 %
Chirurgie d’urgence > 13 %
Consultations médicales + 10,94 %
Hospitalisation complète + 6,99 %
Ces chiffres suggèrent que la phase opérationnelle du GST a permis de fluidifier l’accès aux plateaux techniques. Cependant, le ministre a insisté sur le fait que ces résultats ne sont que le début d’un processus de transformation plus vaste. “d’une évolution progressive” Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale

Une rupture avec la gouvernance hospitalière centralisée

Une rupture avec la gouvernance hospitalière centralisée
Photo: Challenge.ma
Le passage au modèle des GST marque une volonté politique de rompre avec une gestion hospitalière jugée fragmentée et trop centralisée. Challenge.ma rapporte que cette réforme remplace l’ancien système par une organisation régionale intégrée, dotée de sa propre personnalité morale et d’une autonomie financière. L’objectif est simple : rapprocher la prise de décision du terrain. En déléguant le pouvoir de planification et de coordination à l’échelle régionale, le ministère espère réduire les inégalités territoriales. Le GST ne se contente plus d’administrer des hôpitaux, mais doit orchestrer l’ensemble du parcours de soins, depuis les centres de santé primaires jusqu’aux structures hospitalières spécialisées. Cette autonomie impose néanmoins une rigueur accrue dans la gestion des ressources. Le ministre a ainsi appelé à une clarification des responsabilités pour garantir que le parcours du patient soit plus fluide et plus équitable, évitant les ruptures de prise en charge qui handicapaient le système précédent. “constitue désormais une réalité institutionnelle et opérationnelle, appelée à rapprocher davantage la décision sanitaire du citoyen et à renforcer la capacité de la région en matière de planification, de coordination et d’intervention” Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale

Le rôle de la transformation digitale dans le parcours de soins

GST : Groupement sanitaire territorial , la loi 08-22
La réussite de cette décentralisation repose sur un levier technique majeur : le numérique. Ecoactu.ma souligne l’importance cruciale de la mise en place d’un système d’information unifié et intégré. Sans un dossier patient partagé et des données fiables, la coordination entre les différents niveaux de soins resterait théorique. Le déploiement de cet outil digital vise trois objectifs précis :
  • Le suivi rigoureux du parcours de soins de l’usager au sein de la région.
  • La simplification de l’accès aux services de santé pour le citoyen.
  • Une prise de décision administrative et médicale fondée sur des données actualisées.
Cette infrastructure numérique doit permettre au directeur général du GST de mieux orienter les ressources là où les besoins sont les plus pressants, transformant la gestion sanitaire en un pilotage basé sur la performance et les résultats réels.

L’approche territoriale et l’enseignement du modèle québécois

L'approche territoriale et l'enseignement du modèle québécois
Si le GST est une spécificité marocaine, son architecture s’inspire de réflexions internationales sur la proximité des soins. Dans une analyse publiée par l’expert Rafik Ikram, le parallèle est fait avec les Groupes de médecine de famille (GMF) du Québec. L’enseignement principal réside dans la logique territoriale. Plutôt que d’organiser la santé autour de bâtiments (les hôpitaux), le système doit s’organiser autour des besoins d’une population. Rafik Ikram évoque notamment la notion de “filtre de pertinence”, un mécanisme permettant d’orienter le patient vers le professionnel le plus approprié dès le premier contact pour éviter l’engorgement des urgences. Un autre enjeu majeur identifié est celui du leadership. La transition vers les GST exige l’émergence d’une gestion hybride. Il ne s’agit pas de transformer les médecins en administrateurs, mais de créer une synergie entre les compétences cliniques et les compétences en gestion de ressources et analyse de données. Le défi pour les prochains mois sera de stabiliser ce modèle pilote à Tanger-Tétouan-Al Hoceima avant son déploiement généralisé. L’enjeu est de passer d’une réforme administrative à une transformation culturelle où la performance collective prime sur la gestion cloisonnée des établissements.

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