Un juge fédéral a bloqué temporairement le déploiement de la Garde nationale dans l’Oregon, mais l’administration Trump continue de chercher à envoyer des forces fédérales dans plusieurs villes américaines, suscitant une vive opposition des gouverneurs démocrates.
À retenir
- Un juge a empêché l’administration Trump de déployer la Garde nationale de l’Oregon, estimant que les manifestations récentes ne constituaient pas une rébellion.
- Malgré cette décision, des membres de la Garde nationale de Californie ont été envoyés en Oregon, suscitant l’indignation du gouverneur de l’Oregon.
- L’administration Trump prévoit également d’envoyer des troupes à Chicago, malgré l’opposition du gouverneur de l’Illinois.
Dimanche, le juge de district américain Karin J. Imgugut a statué que le gouvernement n’avait pas démontré que les manifestations devant un centre d’immigration et de contrôle des douanes à Portland constituaient une insurrection, condition nécessaire pour justifier le déploiement de la Garde nationale. La juge a souligné que les manifestations, bien que régulières depuis juillet, étaient généralement pacifiques et de petite taille, impliquant rarement plus de 30 personnes. Elle a également noté que les forces de police locales étaient équipées pour gérer les foules et pouvaient solliciter l’aide de la Garde nationale si nécessaire.
Cependant, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a annoncé que 300 membres de la Garde nationale de Californie étaient déjà en route vers l’Oregon, sur instruction de l’administration Trump. « Ils sont en chemin en ce moment », a-t-il écrit sur X (anciennement Twitter). « Nous allons contester cette action devant les tribunaux. Le public ne peut rester silencieux face à une telle conduite imprudente et autoritaire du président des États-Unis. »
Le gouverneur de l’Oregon, Tina Kotek, a confirmé l’arrivée de 101 membres de la Garde nationale de Californie samedi et a dénoncé une tentative délibérée de contourner la décision du juge fédéral. « Cette action semble intentionnelle », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Parallèlement, l’administration Trump s’apprête à déployer 300 membres de la Garde nationale de l’Illinois à Chicago, après avoir « autorisé » ce déploiement samedi. Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, a vivement critiqué cette initiative, dénonçant un « ultimatum » de la Maison Blanche lui demandant de mobiliser ses troupes ou de laisser l’administration fédérale le faire. « Il est absolument scandaleux et non américain d’exiger qu’un gouverneur envoie des troupes militaires à l’intérieur de nos propres frontières et contre notre volonté », a-t-il déclaré sur X.
La Maison Blanche a justifié ces déploiements par la nécessité de protéger les biens fédéraux et les agents fédéraux, en particulier dans un contexte de « violentes émeutes et d’anarchie » à Chicago, selon la porte-parole Abigail Jackson. Le président Trump a affirmé que ces mesures visaient à lutter contre la criminalité, bien que les statistiques montrent une baisse de la criminalité à Chicago et dans d’autres villes.
Samedi, un agent de la patrouille frontalière a tiré sur une femme à Chicago. Selon Tricia McLaughlin, porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure, la femme faisait partie d’un groupe de conducteurs qui ont délibérément percuté des agents fédéraux avec leurs véhicules. La femme, Marimar Martinez, a été hospitalisée puis placée en garde à vue par le FBI.
Contexte
Ces déploiements interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre l’administration Trump et les villes dirigées par les démocrates, que le président accuse de ne pas assurer un contrôle suffisant de la criminalité. L’administration a déjà envoyé des membres de la Garde nationale à Los Angeles et à Washington, D.C., et prévoit également d’envoyer des troupes à Memphis avec le soutien du gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee.
Ce qui change
Le déploiement de la Garde nationale dans ces villes pourrait entraîner une escalade des tensions et des confrontations avec les manifestants. La décision du juge Imgugut concernant l’Oregon a temporairement bloqué le déploiement de la Garde nationale dans cet État, mais l’envoi de troupes de Californie soulève des questions quant au respect de cette décision.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller l’évolution de la situation juridique concernant le déploiement de la Garde nationale dans l’Oregon et Chicago. Les gouverneurs démocrates de ces États ont promis de contester ces déploiements devant les tribunaux. De plus, il sera important de suivre les réactions des manifestants et des communautés locales à la présence accrue des forces fédérales.
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