Home NouvellesLe juge limite les tactiques des agents de l’ICE contre les manifestants pacifiques de Minneapolis

Le juge limite les tactiques des agents de l’ICE contre les manifestants pacifiques de Minneapolis

by Nicolas Lefèvre

Un juge fédéral a interdit aux agents fédéraux d’arrêter des manifestants pacifiques ou d’utiliser de gaz lacrymogènes lors d’opérations de contrôle de l’immigration dans la région de Minneapolis-Saint Paul. Cette décision fait suite à une plainte déposée par des militants du Minnesota en décembre dernier, alors que les activités des services d’Immigration et de contrôle des douanes (ICE) et de la Patrouille frontalière suscitent une surveillance accrue.

La juge Kate Menendez, du tribunal de district américain, a rendu son verdict vendredi. Elle stipule que les agents ne peuvent pas détenir des conducteurs et des passagers sans motif raisonnable de soupçonner qu’ils entravent ou interfèrent avec leurs fonctions officielles. Elle précise également que le simple fait de suivre un véhicule « à une distance appropriée » ne constitue pas un motif légitime d’interpellation.

L’Union américaine des libertés civiles (ACLU) du Minnesota, qui représente les plaignants, affirme que les actions des agents fédéraux portent atteinte aux droits constitutionnels des habitants de la région. « Les agents ne seront pas autorisés à arrêter des personnes sans motif probable ou sans soupçon raisonnable qu’elles aient commis un crime ou qu’elles fassent obstacle à leurs activités », a déclaré la juge Menendez.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la politique d’immigration de l’administration en place. Depuis début décembre, des milliers de personnes surveillent les opérations de l’ICE et de la Patrouille frontalière dans le secteur de Minneapolis-Saint Paul.

Par ailleurs, la juge Menendez examine une autre affaire intentée par l’État du Minnesota et les villes de Minneapolis et Saint Paul, qui cherchent à suspendre les opérations de répression. Lors d’une audience mercredi, elle a refusé d’accéder à la demande de l’État d’obtenir une ordonnance d’interdiction temporaire immédiate. Le procureur général adjoint de l’État, Brian Carter, avait plaidé pour une « pause », estimant que « la température doit baisser ». La juge a reconnu l’importance des questions soulevées par l’État et les villes, mais a souligné la complexité juridique de l’affaire et a demandé aux deux parties de soumettre des mémoires supplémentaires la semaine prochaine.

Les avocats du gouvernement avaient soutenu que les agents agissaient dans le cadre de leur autorité légale pour faire respecter les lois sur l’immigration et assurer leur propre sécurité.

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