Le gouvernement américain a averti qu’il pourrait être contraint de démolir le Kennedy Center à Washington si le projet de rénovation contesté soutenu par l’administration est bloqué en justice. Cette menace intervient alors qu’un juge fédéral a ordonné le retrait du nom du président Donald Trump de la façade du bâtiment.
L’avenir du prestigieux centre culturel de Washington se trouve au cœur d’une bataille judiciaire et politique de haute intensité. Dans un document judiciaire déposé un mardi, le ministère de la Justice a averti que l’institution pourrait devoir être rasée si la justice empêchait la mise en œuvre d’un projet de fermeture de deux ans pour d’importants travaux de rénovation, tel que le rapportent les autorités fédérales selon les détails communiqués dans le dossier de la justice.
Un état qualifié de spirale de mort financière et structurelle
Le département de la Justice a justifié sa position en décrivant le mémorial vivant dédié au président John F. Kennedy comme étant dans des conditions dangerously dilapidated, outdated, and decrepit
, tout en mentionnant des millions de dollars de pertes financières qui plongent l’édifice dans un gouffre structurel.
Face à ces déclarations, la riposte politique n’a pas tardé. Les avocats de la représentante démocrate Joyce Beatty de l’Ohio, membre du conseil d’administration qui a contesté les changements en justice, ont qualifié cette démarche d’avertissement à peine voilé.
La décision de la justice et les batailles autour du nom
La tension s’est intensifiée lorsque le juge fédéral de district Christopher Cooper a statué que le changement de nom du centre culturel en Trump Kennedy Center
allait à l’encontre de la loi. Kennedy, ainsi que le relate le rapport détaillé d’ABC News sur la décision judiciaire.
Le juge Cooper a également fustigé la décision du conseil d’administration prise lors d’une réunion de mars de fermer le centre pour des travaux de plusieurs années, qualifiant cette mesure de ill-informed and seemingly preordained
et estimant qu’elle constituait un manquement au devoir de prudence des administrateurs. Malgré cette décision, lors d’une réunion de la mi-août à laquelle Donald Trump a participé par téléphone, le conseil d’administration a de nouveau approuvé les plans de fermeture et voté l’ajout de la mention Restored and Renovated By President Donald J. Trump
au nom officiel du centre, tout en cherchant à renommer physiquement le site President Donald J. Trump Plaza
.
Réactions et position de l’administration fédérale
L’administration Trump a défendu la mesure en affirmant que le conseil d’administration agissait en toute légalité pour sauver un bâtiment menacé. Roma Daravi, vice-présidente des relations publiques du centre, avait souligné lors de l’annonce initiale du changement de nom que l’unanimité du vote reconnaissait le rôle du président actuel dans la sauvegarde de l’institution face à la ruine financière.
Cependant, cette unanimité a été vivement contestée par des membres de la famille Kennedy. Jack Schlossberg, petit-fils de l’ancien président, a affirmé sur les réseaux sociaux que les microphones avaient été coupés et que le vote n’était pas unanime, tandis que Maria Shriver, nièce de JFK, a jugé le changement inacceptable. De leur côté, six législateurs démocrates ont accusé le président de tenter d’imposer son nom à une institution publique sans en avoir l’autorité légale.
L’avenir du dossier face au Congrès
À la suite de la décision de justice interdisant le re-baptême et la fermeture sans l’aval du Congrès, Donald Trump a déclaré qu’il n’avait plus aucun intérêt à poursuivre les rénovations de l’établissement. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a indiqué son intention de transférer la gestion de l’institution au Congrès, qualifiant la situation de parcours sans issue face à l’opposition des démocrates.
Le ministère de la Justice a pour sa part insisté sur le fait que le public devrait préférer un centre rénové à un bâtiment en ruine voué à l’effondrement, réaffirmant sa volonté de porter l’affaire devant les tribunaux pour permettre la concrétisation des travaux.