Publié le 27 octobre 2025 à 09h22. Le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, figure de l’opposition au président Erdogan, a été placé en détention provisoire après l’ouverture d’une enquête pour « espionnage politique », une décision dénoncée par ses partisans comme une manœuvre politique visant à l’empêcher de se présenter aux élections de 2028.
- Un tribunal turc a ordonné l’arrestation d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul, pour des liens présumés entre son équipe de campagne et une personne arrêtée pour espionnage au profit de puissances étrangères.
- Imamoglu rejette fermement ces accusations, les qualifiant de « calomnie » et de « conspiration ».
- Cette arrestation s’inscrit dans un contexte de répression croissante contre l’opposition politique en Turquie, avec des centaines d’arrestations de membres du CHP depuis les élections de l’année dernière.
Selon le parquet turc, des liens existent entre l’équipe de campagne d’Imamoglu et un individu interpellé en juillet pour espionnage au profit de pays étrangers. Les détails précis de cette enquête n’ont pas été divulgués dans l’immédiat.
« Avec une telle calomnie, un tel mensonge et une telle conspiration, même le diable n’y toucherait pas. »
Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul
Imamoglu est déjà sous le coup de poursuites judiciaires pour corruption, fraude, direction d’une organisation criminelle et soutien à une organisation terroriste. En juillet, il avait été condamné à une peine d’un an et huit mois de prison pour avoir tenu des propos jugés menaçants et insultants à l’encontre d’un procureur d’Istanbul, une condamnation qu’il conteste également.
L’opposition turque dénonce une persécution politique orchestrée par le gouvernement afin d’écarter Imamoglu de la course à la présidence lors des élections de 2028, où il est considéré comme le principal rival du président Recep Tayyip Erdogan. D’autres poursuites et enquêtes judiciaires sont en cours contre lui.
L’arrestation d’Imamoglu en mars dernier n’était pas un cas isolé. Depuis les élections locales de mars, des centaines de membres du Parti républicain du peuple (CHP) d’Imamoglu, ainsi que d’autres maires élus sous l’étiquette du CHP, ont été arrêtés, accusés de fraude, de corruption ou de liens avec le crime organisé.
Le CHP avait remporté une victoire historique aux élections locales de l’année dernière, infligeant une défaite significative au parti AKP du président Erdogan. Ces résultats avaient marqué un tournant dans la politique turque.
Le gouvernement turc nie toute implication dans ces arrestations, affirmant que le système judiciaire fonctionne de manière indépendante. Dans la nouvelle affaire impliquant Imamoglu, un ancien collaborateur de campagne et le rédacteur en chef de la chaîne d’information Tele1, connue pour ses critiques envers le gouvernement, ont également été placés en détention provisoire.
