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Le message de la Fed laisse entrevoir un cycle de marché plus prudent à venir

Les marchés financiers ont affiché des signes de nervosité cette semaine après des déclarations plus fermes que prévu de la Réserve fédérale américaine (Fed), tandis que des doutes grandissent concernant la pérennité de l'engouement pour l'intelligence artificielle. La…

Le message de la Fed laisse entrevoir un cycle de marché plus prudent à venir

Les marchés financiers ont affiché des signes de nervosité cette semaine après des déclarations plus fermes que prévu de la Réserve fédérale américaine (Fed), tandis que des doutes grandissent concernant la pérennité de l’engouement pour l’intelligence artificielle. La perspective d’une baisse des taux d’intérêt en décembre s’éloigne, et les investisseurs réévaluent leurs positions.

Lors de sa conférence de presse du 29 octobre, le président de la Fed, Jerome Powell, a clairement indiqué qu’une nouvelle réduction du taux directeur en décembre n’était pas assurée. Il a souligné que la politique monétaire n’était pas préétablie, contredisant ainsi les attentes largement répandues d’un assouplissement avant la fin de l’année. Vendredi, les probabilités d’une telle baisse étaient tombées à 44,4 %, selon l’outil CME FedWatch.

Jeudi, les cours ont chuté de manière significative, en particulier dans les secteurs de l’IA et de la finance, sans toutefois franchir leur moyenne mobile sur 50 jours. Cette baisse s’ajoute aux inquiétudes déjà présentes concernant la valorisation des entreprises liées à l’IA.

Ce repli n’est pas une surprise, selon les analystes. Dès le 1er novembre, ils constataient un « sentiment baissier à court terme, malgré des bénéfices encourageants, avec une surreprésentation des investisseurs optimistes ». Ils anticipent désormais une diminution notable du ratio haussier/baissier avec la publication des données de la semaine dernière.

Malgré ces turbulences, les analystes maintiennent leur objectif de 7 000 points pour l’indice S&P 500 d’ici la fin de l’année, estimant que les investisseurs finiront par considérer que les incertitudes entourant l’IA déboucheront sur une croissance tirée par la productivité plutôt que sur un nouveau krach technologique.

Les observateurs notent que la couverture pessimiste de The Economist cette semaine pourrait signaler un point bas potentiel, conformément à une logique contrarienne. Un certain assouplissement des marchés s’est produit depuis que l’indice S&P 500 a atteint un sommet le 29 octobre, réduisant ainsi le risque d’une bulle spéculative. L’indice a depuis perdu 4,4 %, et l’ETF Roundhill Meme Stock (NYSE:) a chuté de 41,1 % depuis le 14 octobre.

Le prix du bitcoin a également reculé de 6,3 % depuis le 20 octobre, passant en territoire baissier avec une baisse de 24,7 % par rapport à son plus haut niveau de l’année, atteint le 6 octobre. La loi GENIUS, adoptée le 18 juillet, a favorisé l’adoption des stablecoins comme moyen de paiement privilégié, reléguant le bitcoin au second plan.

Cette loi pourrait avoir d’importantes conséquences pour Michael Saylor, qui avait fait la couverture du magazine Forbes le 30 janvier 2025 sous le titre « The Bitcoin Alchemist ». Un honneur qui, dans le passé, s’est parfois avéré être un mauvais présage.

Le cours de l’action de Strategy, la société de Saylor (NASDAQ:), a plongé de 55,7 % par rapport à son sommet de l’année, le 17 juillet. Les actions des « Magnificent Seven » – les sept grandes entreprises technologiques – ont également perdu du terrain, chutant de 6,0 % depuis le 29 octobre.

Ces entreprises, autrefois privilégiées en raison de leurs solides flux de trésorerie et de leurs bilans sains, ont vu leur valorisation remise en question. Les investisseurs s’inquiètent désormais des dépenses importantes engagées par ces sociétés dans les infrastructures d’IA, craignant une capacité excédentaire. Ironiquement, certaines entreprises spécialisées dans l’IA, comme CoreWeave (NASDAQ:), rencontrent des difficultés en raison de retards dans la construction de nouveaux centres de données, liés à des pénuries d’électricité et à d’autres obstacles.

Une autre source de préoccupation est le fait que la demande de capacité cloud supplémentaire pour l’IA serait principalement motivée par les besoins de formation des modèles de langage, plutôt que par une demande réelle des consommateurs et des entreprises. Michael Burry a également souligné la nécessité pour les fournisseurs de cloud de déprécier leurs puces GPU sur une période plus courte que prévu.

Bien que ces inquiétudes soient légitimes, les analystes ne prévoient pas l’éclatement d’une bulle spéculative dans le secteur de l’IA.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.