Fondée en 2007 par le polémiste d’extrême droite Alain Soral, l’association Égalité et Réconciliation est visée par une procédure administrative de dissolution engagée par les autorités françaises. Le ministère de l’Intérieur reproche à l’organisation de propager des discours haineux et antisémites, ouvrant un délai de dix jours pour une phase contradictoire avant d’éventuelles mesures en Conseil des ministres.
L’offensive menée par la Place Beauvau contre la structure dirigée par Alain Soral s’appuie sur le code de la sécurité intérieure. Le courrier officiel, signifié le 9 octobre 2026, marque le début d’une séquence judiciaire et administrative qui pourrait aboutir à la disparition de l’organisation.
Paris enclenche la dissolution de la structure
Le ministère de l’Intérieur a notifié à Égalité et Réconciliation son intention d’enclencher une mesure de dissolution. Une mesure de dissolution est envisagée, et à cette fin, un contradictoire est en cours, à l’issue duquel la dissolution pourra intervenir
, a indiqué le ministère. Cette phase contradictoire d’une durée de dix jours permet aux représentants de la structure de présenter leurs arguments écrits au gouvernement.
Si la procédure arrive à son terme, le dossier sera transmis pour adoption d’un décret en Conseil des ministres. Les services de l’État s’appuient sur l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure, un dispositif juridique déjà employé par le passé pour dissoudre des groupements radicaux, à l’instar de Génération identitaire en 2021.

Le gouvernement recense de multiples griefs
Dans sa notification détaillée, le ministère reproche à l’association de masquer ses activités sous de prétendus objectifs humanitaires ou de défense des victimes, tout en professant une idéologie radicale. Selon le texte officiel consulté par les rédactions, l’organisation est accusée de véhiculer une vision politique menaçante pour l’ordre public.
Le dossier instruit par les services de l’État recense des publications diffusées entre 2023 et 2025 sur le site internet de la structure ou via sa radio, ERFM. Les autorités pointent également l’absence de modération des commentaires en ligne, qualifiés d’incitations permanentes à la haine et à la discrimination.
L’exécutif pointe en outre des prises de position s’inscrivant dans le droit fil de la pensée national-socialiste.

Alain Soral cumulait les condamnations
Le polémiste, ancien conseiller du Front national auprès de Jean-Jean-Marie Le Pen, cumule plus d’une vingtaine de condamnations pénales en France pour provocation à la haine et contestation de crimes contre l’humanité.
Établi en Suisse depuis 2019, le fondateur a écopé de nouvelles condamnations helvétiques, notamment en mars, où la justice l’a condamné à cinq mois de prison ferme pour des propos tenus sur Internet. Face à ces condamnations, l’essayiste s’exilé en Russie au mois de février. En réaction à la procédure engagée par Paris, il a qualifié la démarche gouvernementale de persécution politique.
La mise en cause de l’association intervient dans un climat politique marqué par des polémiques récentes concernant l’influence historique des thèses du polémiste au sein de la droite radicale française, à la suite d’enquêtes journalistiques publiées par Mediapart.
Face à ces accusations, l’organisation tente de mobiliser ses sympathisants sur de nouvelles plateformes en ligne.