Une nouvelle attaque de projectile a touché l’aéroport international King Khalid à Riyad, faisant un mort et onze blessés selon les autorités saoudiennes. Ce deuxième bombardement en deux jours survient alors que les rebelles houthis du Yémen intensifient leurs tirs profonds et menacent l’ensemble du trafic aérien civil du royaume.
L’escalade s’accélère au-dessus de la péninsule arabique. Moins de 48 heures après une frappe d’une violence inédite contre les infrastructures aéroportuaires de la capitale saoudienne, un nouveau projectile a atteint le site le 11 octobre, provoquant un incendie dans l’une des halles passagers et fauchant la vie d’un ressortissant pakistanais, comme l’a confirmé l’autorité de l’aviation civile saoudienne sur les réseaux sociaux. Un porte-parole militaire a précisé qu’un projectile avait touché le complexe, tandis que la coalition dirigée par Riyad indiquait que les défenses aériennes avaient intercepté un missile à proximité.
Un bilan humain lourd et la mort d’un ressortissant indien
Profondément affligé par la perte de vie d’un ressortissant indien dans l’attaque de Riyad. Mes sincères condoléances à la famille endeuillée. L’ambassade apportera toute l’aide possible.
Dr S. Jaishankar, ministre des Affaires étrangères
Les Houthis ciblent le transport aérien et la coalition riposte
Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué l’ensemble des opérations menées au cours des dernières 24 heures, affirmant avoir ciblé les installations à l’aide d’un mélange de missiles balistiques, de croisière et de drones. Le porte-parole militaire houthi, le brigadier général Yahya Saree, a averti les compagnies aériennes et les voyageurs d’éviter tout l’espace aérien saoudien, qualifiant les aéroports du royaume de théâtres d’opérations. Le groupe armé a exclu de ses menaces uniquement les infrastructures situées dans les villes saintes de La Mecque et de Médine.
Face à cette offensive menée en représailles à l’engagement saoudien dans la guerre civile yéménite et aux frappes contre l’aéroport de Sanaa, la coalition militaire menée par Riyad qualifie les actes des rebelles de crime de guerre
caractérisé. Le major général Turki al-Maliki a promis une riposte ferme, alors que les opérations sur les pistes de Riyad demeurent suspendues pour évaluer les dégâts portés aux équipements de communication et aux radars.
Washington réagit face aux répercussions diplomatiques
La multiplication des frappes contre les aéroports saoudiens de Riyad et de Dammam fragilise un royaume qui s’apprêtait à accueillir sa grande conférence annuelle sur l’investissement ainsi que le début de la saison des pèlerinages.
Sur le plan militaire, l’allié américain observe la situation avec préoccupation. Interrogé sur une éventuelle participation des États-Unis à des frappes de représailles aux côtés de Riyad, le président américain Donald Trump a laissé la porte ouverte à une intervention rapide.
C’est possible. Nous allons examiner la question. Nous venons tout juste d’apprendre cette récente attaque (à Riyad), nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement.
Donald Trump, Président des États-Unis
Les analystes rappellent toutefois les limites des parades défensives du royaume. Saudi air defences have been able to intercept some Houthi missile and drone attacks, but Saudi Arabia is so large that it’s simply impossible for them to consistently defend themselves against Houthi attacks,
a expliqué Thomas Juneau, analyste de la sécurité à l’Université d’Ottawa, soulignant la volonté des insurgés de renverser la logique des blocus aériens qui frappent depuis des années la capitale yéménite de Sanaa.
