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Crise à Ceuta : El Confidencial évoque des tensions au sein de l’appareil sécuritaire marocain

Une crise migratoire massive survenue à Ceuta à la fin du mois de juillet révèle de profondes divisions au sein de l'appareil sécuritaire marocain, sur fond d'interrogations…

Crise à Ceuta : El Confidencial évoque des tensions au sein de l'appareil sécuritaire marocain

Une crise migratoire massive survenue à Ceuta à la fin du mois de juillet révèle de profondes divisions au sein de l'appareil sécuritaire marocain, sur fond d'interrogations concernant l'état de santé du roi Mohammed VI et les luttes d'influence entre ses proches collaborateurs.

L’afflux record à Ceuta et les interrogations sur la chaîne de commandement

L’afflux migratoire qui a secoué l’enclave de Ceuta à la fin du mois de juillet demeure au centre des interrogations concernant les mécanismes de décision au sommet de l’État marocain. Près de 80 000 entrées ont été enregistrées en moins de 48 heures, un volume exceptionnel qui ravive les questions sur le fonctionnement des dispositifs de contrôle aux frontières et sur la gestion de la sécurité publique.

Cette séquence s’est cristallisée autour du 30 juillet, date de la Fête du Trône. La veille, le souverain avait prononcé un discours marquant ses 27 années de règne alors qu’il participait à une réception officielle à M’diq. Pendant ce temps, des groupes de jeunes se dirigeaient vers la frontière. Selon une enquête publiée par le quotidien espagnol El Confidencial, le monarque aurait manifesté son mécontentement face au manque d’information concernant l’opération et son ampleur réelle. Son silence observé après le déclenchement des événements est perçu par les observateurs comme un signe de désapprobation.

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Tensions au sommet de l’appareil sécuritaire marocain

La gestion de la crise a mis en évidence des rivalités au sein des cercles dirigeants. D’après les informations rapportées par les correspondants, les responsabilités ont fait l’objet de divergences au sein même des services et des médias proches du pouvoir. Le média marocain Chouf TV, présenté comme proche de la Direction générale de la sûreté nationale (DGST), a souligné que le poste-frontière terrestre relevait d’Abdellatif El Hammouchi, tandis que d’autres autorités exerçaient leur tutelle sur le reste des frontières terrestres et maritimes.

Un rapport attribué à Gil Garre a ensuite imputé la gestion de cet afflux aux gendarmes et aux Forces auxiliaires, cherchant à exonérer la DGST. Les Forces auxiliaires, qui comptent environ 45 000 membres affectés au maintien de l’ordre, dépendent d’une structure distincte de la police nationale. Ces arbitrages publics traduisent des luttes d’influence entre figures influentes, telles que Fouad Ali El Himma et Abdellatif El Hammouchi, dans un contexte où l’autorité du palais royal fait l’objet de nouvelles lectures politiques.

La santé du souverain et la perspective de la succession

L’affaiblissement relatif de la présence quotidienne du roi nourrit les spéculations sur la gestion des affaires publiques. Agé de 63 ans, le souverain marocain a fait l’objet de communications officielles concernant deux interventions chirurgicales pratiquées en 2018 et en 2020 pour traiter une arythmie cardiaque. Son apparition physique le 21 septembre au mausolée Mohammed-V à Rabat, ainsi que les reports successifs de sa visite d’État en France, alimentent l’hypothèse d’une implication moindre dans la routine gouvernementale.

Pour le journaliste Ignacio Cembrero, ces éléments confèrent davantage de latitude à l’entourage royal. Cette configuration s’inscrit dans une perspective plus large liée à la succession de Mohammed VI, où les équilibres entre les réseaux d’influence et l’avenir de la monarchie deviennent des sujets de plus en plus prégnants pour les observateurs étrangers.

Le regard de la presse espagnole et les lignes rouges de l’information

De son côté, la journaliste Sonia Moreno a apporté un éclairage sur les conditions d’exercice de la profession de correspondant étranger au Maroc. Arrivée dans le royaume en 2010 pour le quotidien Público avant de rejoindre la radio Cadena SER, elle témoigne d’un contrôle rigoureux exercé sur les journalistes dès leur arrivée, en particulier lors de la couverture de manifestations.

Dans un entretien accordé à The Objective et rapporté par la presse spécialisée, elle identifie trois thématiques particulièrement délicates, qu’elle qualifie de lignes rouges : le Sahara, la monarchie et l’islam. Si les questions religieuses et monarchiques se sont révélées moins tendues avec le temps, le dossier du Sahara reste un sujet extrêmement sensible sur les plans politique et journalistique. L’expérience de la correspondante souligne également que Madrid a parfois sous-estimé la capacité du voisin marocain à préparer ses choix diplomatiques et économiques sur le long terme.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.