Publié le 11 décembre 2025 21h35. La reprise des affrontements dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est vivement critiquée par le Burundi, qui dénonce un échec de l’accord de paix négocié sous l’égide des États-Unis et une humiliation pour le président américain Donald Trump. La ville stratégique d’Uvira est tombée aux mains de groupes armés.
- Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a qualifié la situation de « gifle » pour les États-Unis.
- La coalition des groupes armés Alliance fleuve Congo (AFC) et Mouvement du 23 mars (M23) aurait pris le contrôle d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
- La RDC et le Rwanda s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu conclu à Washington le 4 décembre.
La reprise des combats, malgré la signature récente d’un accord de paix, suscite de vives réactions dans la région. Édouard Bizimana n’a pas hésité à exprimer sa déception face à l’incapacité de l’accord à tenir ses promesses.
« Signer un accord et ne pas l’appliquer, c’est une humiliation pour tout le monde et en premier lieu pour le président Trump […] C’est vraiment une gifle aux États-Unis »
Édouard Bizimana, ministre des Affaires étrangères du Burundi
Selon des informations rapportées par les médias, les rebelles de l’AFC/M23 sont entrés sans combat dans Uvira le 10 décembre, s’emparant du dernier grand centre urbain de la province du Sud-Kivu. Cette progression intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, qui s’accusent mutuellement de soutenir des groupes armés opérant dans l’est de la RDC.
Le 4 décembre, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, et le dirigeant du Rwanda, Paul Kagame, avaient signé un accord de paix à Washington, sous la médiation de Donald Trump. Les deux parties avaient réaffirmé leur engagement envers l’accord conclu en juin dernier, ainsi qu’un pacte d’intégration économique approuvé le mois précédent. Cependant, dès le lendemain, des affrontements ont été signalés dans l’est de la RDC, notamment aux abords de Kaziba, Katogota et Rurambo, dans la province du Sud-Kivu.
Depuis plusieurs années, le Mouvement du 23 mars (M23) est au cœur des tensions entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de soutenir activement ce groupe rebelle, ce que le Rwanda nie fermement. Au début de l’année 2025, les activités du M23 se sont intensifiées, entraînant la prise de plusieurs villes clés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le Rwanda a également accusé la RDC de violation du cessez-le-feu, après que Félix Tshisekedi ait fait des accusations similaires à l’encontre de Kigali.
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