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Le ministre canadien de l’Industrie rencontre les géants de l’automobile BYD et Chery à Pékin

by Clara Dubois

Publié le 18 janvier 2026 à 21h12. Le Canada et la Chine ont conclu un accord commercial qui pourrait ouvrir la voie à l’implantation de constructeurs automobiles chinois sur le sol canadien, une initiative qui suscite déjà des réactions contrastées aux États-Unis.

  • La ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, a rencontré des représentants de BYD et de Chery Automobile lors de la récente visite du premier ministre à Pékin.
  • Ottawa a accepté de réduire les droits de douane sur les véhicules électriques chinois, autorisant jusqu’à 49 000 véhicules par an avec un tarif de 6,1 %.
  • Une nouvelle stratégie automobile est en préparation, qui pourrait permettre aux entreprises chinoises d’assembler des véhicules au Canada, sous certaines conditions.

Le Canada s’apprête à amorcer un virage stratégique dans son secteur automobile, en ouvrant potentiellement ses portes aux constructeurs chinois. Cette décision, annoncée à la suite de la visite du premier ministre à Pékin, vise à diversifier les sources d’approvisionnement et à stimuler l’investissement dans le secteur manufacturier canadien.

Lors de cette visite, la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a eu des entretiens avec les dirigeants de BYD et de Chery Automobile, deux géants de l’industrie automobile chinoise en pleine expansion internationale. BYD, basé à Shenzhen, a d’ailleurs dépassé Tesla l’année dernière en termes de ventes mondiales de véhicules entièrement électriques, avec 2,3 millions d’unités vendues en 2025, pour un total de 4,6 millions de véhicules. Chery, basé à Wuhu, ambitionne de livrer 3,2 millions de véhicules en 2026, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2025.

Ce rapprochement s’accompagne d’un changement de politique tarifaire. Ottawa a convenu de réduire les droits de douane sur les véhicules électriques chinois, passant d’un tarif prohibitif de 100 % à 6,1 % pour un quota annuel de 49 000 véhicules. Cet accord inclut également un engagement des entreprises chinoises à explorer des investissements majeurs dans le secteur automobile canadien. Le gouvernement canadien prévoit de réévaluer cet accord dans trois ans pour s’assurer du respect des engagements pris.

La future stratégie automobile canadienne pourrait aller encore plus loin, en permettant aux constructeurs chinois d’établir des usines d’assemblage sur le territoire canadien. Toutefois, cette implantation serait soumise à des conditions, notamment l’utilisation de logiciels canadiens et la création de coentreprises avec des entreprises locales. Selon un responsable gouvernemental, Ottawa pourrait également exiger que les véhicules électriques fabriqués au Canada soient équipés d’une plateforme technologique sécurisée.

Cette initiative a suscité des réactions mitigées. Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, a exprimé ses inquiétudes, affirmant que le Canada le regretterait d’autoriser l’importation de véhicules électriques chinois, qui ne seraient pas autorisés aux États-Unis. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a également critiqué cet accord. Cependant, l’ancien président Donald Trump a salué cette initiative, déclarant :

« Ce n’est pas grave, c’est ce qu’il devrait faire. Si vous pouvez conclure un accord avec la Chine, vous devriez le faire. »

Donald Trump

À long terme, le Canada ambitionne de diversifier ses marchés d’exportation et de ne plus dépendre uniquement du marché américain. Le pays mise sur ses accords de libre-échange avec l’Europe et l’Asie pour atteindre cet objectif.

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