Donald Trump multiplie les grâces présidentielles dès le début de son second mandat, une stratégie qui contraste fortement avec ses prédécesseurs et qui soulève des questions sur l’utilisation de ce pouvoir constitutionnel. Parmi les cas les plus remarquables, la grâce accordée à Adriana Camberos, et ce, pour la seconde fois.
À retenir
- Donald Trump a accordé environ 1 609 grâces et commutations de peine en un peu plus d’un an, surpassant largement son propre bilan de premier mandat.
- Une part importante de ces grâces est destinée aux personnes impliquées dans l’assaut du Capitole du 6 janvier, ainsi qu’à des alliés politiques et des donateurs.
- Cette approche précoce dans son second mandat rompt avec la tradition consistant à accorder des grâces plutôt en fin de présidence.
Contexte
Adriana Camberos avait déjà bénéficié d’une commutation de peine durant le premier mandat de Trump pour des accusations de fraude. Elle a ensuite été graciée une seconde fois en 2024 pour une condamnation liée à un stratagème frauduleux impliquant la revente de produits d’épicerie en vrac et d’autres biens. Si la double grâce pour des condamnations distinctes est inhabituelle, elle reste tout à fait légale, selon les experts.
« Les pouvoirs de grâce accordés à un président sont presque illimités », a souligné Elie Honig, analyste juridique de CNN. Trump a déjà largement dépassé les 148 grâces et commutations de peine accordées durant ses quatre premières années à la Maison Blanche.
Cette utilisation intensive du pouvoir de grâce s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contester ce que Trump considère comme des injustices politiques. Plus de 1 500 grâces ont été accordées en lien avec l’assaut du Capitole du 6 janvier. Par ailleurs, d’anciens collaborateurs de Trump, tels que Rudy Giuliani et Mark Meadows, ont également été graciés, ainsi que l’ancien gouverneur de l’Illinois, Rod Blagojevich, et l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, reconnu coupable de trafic de drogue.
Ce qui change
Les grâces de Trump ne se limitent pas aux figures politiques et aux participants à l’assaut du Capitole. Elles s’étendent également à des personnes ayant des liens financiers avec ses efforts politiques. Julio Herrera Velutini, gracié pour des accusations de délit, a notamment une fille qui a contribué financièrement aux entités politiques soutenant Trump. Le cas de Trevor Milton, ancien dirigeant de Nikola Corporation, illustre également la volonté de Trump de soutenir ceux qu’il estime persécutés pour leurs affiliations politiques.
De plus, Trump semble afficher une position favorable aux crypto-monnaies, comme en témoignent les grâces accordées à Changpeng Zhao, fondateur de Binance, et à Ross Ulbricht, créateur de Silk Road. Ces décisions pourraient viser à attirer l’attention sur la crypto-monnaie dans un contexte réglementaire en évolution.
Contrairement à Trump, l’ancien président Joe Biden a accordé environ 80 grâces individuelles et un nombre record de 4 245 commutations de peine, ciblant principalement les infractions non violentes liées aux drogues.
Prochaines étapes
Les analystes politiques estiment que la volonté de Trump d’assumer les retombées politiques de ces grâces témoigne d’une stratégie calculée pour maintenir son influence et sa portée dans les domaines politique et financier. Il sera intéressant d’observer si cette tendance se poursuivra tout au long de son second mandat et quelles seront les prochaines cibles de sa clémence.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Grâces et commutations de peine (Trump, > 1 an) | 1 609 |
| Grâces et commutations de peine (Trump, 1er mandat) | 148 |
| Grâces liées au 6 janvier | > 1 500 |
| Grâces individuelles (Biden) | 80 |
| Commutations de peine (Biden) | 4 245 |
Sources
SSBCrack
