Publié le 27 décembre 2025 à 21h08. Le Parlement nicaraguayen a adopté une réforme constitutionnelle controversée qui concentre l’ensemble du pouvoir entre les mains du président Daniel Ortega et de son épouse, Rosario Murillo, suscitant de vives critiques internationales.
- La réforme prolonge la durée du mandat présidentiel à six ans et instaure la figure de « co-président ».
- Elle crée des forces de réserve et une police volontaire, perçues par l’opposition comme des forces parapolicières.
- Le Nicaragua est désormais officiellement défini comme un État « révolutionnaire », avec une emprise renforcée de l’exécutif sur les autres institutions.
Managua a clôturé sa session parlementaire ce samedi en approuvant 35 lois, mais c’est la réforme constitutionnelle qui domine le débat. Ce texte, adopté en janvier dernier lors de la deuxième et dernière législature, modifie en profondeur l’équilibre des pouvoirs au Nicaragua, renforçant considérablement le contrôle de Daniel Ortega et de Rosario Murillo sur l’ensemble de l’État.
Selon la première secrétaire du Parlement, la députée sandiniste Loria Raquel Dixon, cette réforme vise à « consolider notre Nicaragua révolutionnaire » grâce à des lois et décrets qui seront mis en œuvre en 2025. Elle a souligné que le texte « incorpore également des éléments fondamentaux de notre histoire, reconnaissant les actes de nos héros et héroïnes ».
« Nous avons consolidé notre Nicaragua révolutionnaire, grâce à l’approbation de lois et de décrets qui ont été adoptés et exécutés en 2025 »
Loria Raquel Dixon, députée sandiniste et première secrétaire du Parlement
La réforme établit que le pouvoir révolutionnaire est exercé directement par le peuple, mais que celui-ci l’exerce à travers la Présidence de la République, qui dirige le gouvernement et coordonne les organes législatifs, judiciaires, électoraux, le ministère public et les entités autonomes. La présidence devient également le quartier général suprême de l’armée, de la police et du ministère de l’Intérieur.
Un aspect particulièrement controversé de la réforme est la création des « forces militaires de réserve patriotiques » et de la « police volontaire », que l’opposition dénonce comme des forces parapolicières et paramilitaires destinées à réprimer toute dissidence. L’ONU, l’Organisation des États américains (OEA), les États-Unis et le Parlement européen ont également exprimé leur inquiétude face à cette évolution.
Par ailleurs, la réforme constitutionnelle prévoit que les Nicaraguayens acquérant une autre nationalité perdront leur statut national. Elle inclut également le drapeau du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), au pouvoir depuis 2007, comme symbole national.
Le texte prévoit également un contrôle accru sur les médias sociaux, afin d’empêcher qu’ils ne soient « soumis » à des intérêts étrangers ou qu’ils ne diffusent de fausses nouvelles portant atteinte aux droits des Nicaraguayens.
Au cours de la législature 2025, 35 lois et 29 décrets ont été approuvés lors de 134 séances plénières, dont 118 ordinaires, 14 spéciales et 2 solennelles. Douze décrets d’ordre économique représentent un montant total de 489,3 millions de dollars (environ 408 millions d’euros) et 1.535,1 millions de yuans (219,1 millions de dollars, soit environ 180 millions d’euros).
Trois décrets autorisent également l’entrée de troupes, de navires et d’avions militaires en provenance de Russie, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis.
