L’engouement pour les médicaments GLP-1, initialement prescrits pour le diabète et la perte de poids, dépasse désormais le domaine médical pour influencer profondément les habitudes de consommation et les priorités de santé des Américains. Cette tendance, amplifiée par une prise de conscience accrue de l’importance de la longévité, redéfinit la relation des individus avec leur bien-être et le système de santé.
Selon une étude Gallup, l’utilisation de médicaments à base de sémaglutide ou de liraglutide a doublé entre le premier trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025, atteignant plus de 12 %. À titre de comparaison, il a fallu 17 ans aux statines pour atteindre un niveau de pénétration du marché similaire, souligne Henry Dimbleby dans le Financial Times.
L’adoption de ces médicaments est particulièrement rapide chez les femmes. En septembre 2025, un foyer américain sur quatre comptait au moins une personne utilisant un GLP-1. Les prévisions de Circana indiquent que cette tendance devrait s’accentuer avec la baisse des prix, conduisant à une part de marché de plus d’un tiers des ventes d’aliments et de boissons d’ici 2030, soit une augmentation de près de 50 % par rapport à aujourd’hui.
Le médicament Ozempic est devenu un véritable phénomène culturel, connu de deux Américains sur trois, bien avant les autres noms de la même famille thérapeutique (Wegovy, Mounjaro, Zepbound). Justin Pincus, directeur général du groupe QuestBrand de The Harris Poll, le décrit comme un « raccourci culturel » :
« Ozempic a dépassé le cadre médical… Ce n’est plus seulement un médicament, c’est un symbole. »
Il explique que, comme le Viagra pour la sexualité, l’Ambien pour le sommeil ou le Xanax pour l’anxiété, Ozempic est devenu synonyme de toute une catégorie de produits.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large : les deux tiers des Américains déclarent vouloir perdre du poids. L’intérêt pour la longévité est également en hausse, avec plus de la moitié de la population se considérant comme activement engagée dans une démarche visant à vivre plus longtemps. Cependant, cet engagement varie selon l’âge et le niveau de revenu, révélant des inégalités d’accès aux ressources et aux soins.
Par ailleurs, une étude de Toluna montre que la plupart des Américains considèrent une bonne santé et une bonne forme physique comme un symbole de statut social, une perception partagée même par 50 % des baby-boomers.
Cette nouvelle approche de la santé a des implications pour de nombreux secteurs de l’économie. Henry Dimbleby estime que les entreprises alimentaires doivent repenser leur modèle économique, axé sur la « valeur par bouchée », face à une demande croissante pour des produits plus sains. On peut s’attendre à ce que d’autres industries, telles que l’hôtellerie, les services financiers et l’automobile, adaptent également leurs offres pour répondre aux besoins d’une clientèle de plus en plus soucieuse de son bien-être.
Des informations plus détaillées sur ces tendances seront présentées dans le rapport 2026 Santé du peuple TrendCast, qui sera publié le 23 décembre. Une couverture en direct du salon CES 2026 à Las Vegas (du 2 au 9 janvier 2026) permettra d’explorer les dernières innovations en matière de santé numérique et de bien-être.
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