Publié le 14 janvier 2024 10h36:00. Les autorités pakistanaises mettent en garde contre une vague de piratage de comptes WhatsApp, non pas due à des failles techniques, mais à des techniques de manipulation psychologique sophistiquées utilisées par les cybercriminels.
- Une équipe nationale pakistanaise spécialisée dans la cybersécurité a signalé une augmentation significative des piratages de comptes WhatsApp.
- Les pirates privilégient l’ingénierie sociale, manipulant les utilisateurs pour obtenir des informations sensibles, plutôt que d’exploiter des vulnérabilités du logiciel.
- La vérification en deux étapes, activée avec une adresse e-mail de récupération, est fortement recommandée pour se protéger.
L’équipe nationale pakistanaise de réponse aux cyber-urgences (National CERT) a émis un avertissement à l’échelle nationale concernant une recrudescence alarmante des piratages de comptes WhatsApp. Selon l’avis, ces attaques sont actuellement actives, largement répandues et touchent des utilisateurs de tous horizons.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les pirates ne s’appuient pas sur des failles de sécurité dans l’application de messagerie. L’équipe du National CERT souligne que les attaques reposent principalement sur des techniques d’ingénierie sociale, c’est-à-dire la manipulation psychologique des utilisateurs. Les criminels utilisent diverses méthodes pour obtenir un accès non autorisé aux comptes.
Parmi ces techniques, on retrouve la tromperie visant à soutirer aux utilisateurs des codes d’accès à usage unique (OTP), la manipulation des paramètres de transfert d’appels, l’envoi de liens de phishing et la diffusion de codes QR malveillants. Ces derniers, une fois scannés, permettent de connecter le compte de la victime à l’appareil de l’attaquant. Une fois compromis, le compte peut être utilisé pour usurper l’identité de la victime, escroquer ses contacts, accéder à des communications privées et propager du contenu malveillant.
L’impact d’un piratage de compte peut être dévastateur, allant du vol d’identité à la fraude financière, en passant par la divulgation de données personnelles, l’atteinte à la réputation et la violation de la vie privée. Le National CERT met également en garde contre les risques pour les organisations dont les employés utilisent WhatsApp pour leurs communications professionnelles, exposant potentiellement des informations sensibles et ouvrant la voie à de nouvelles fraudes.
L’avertissement précise que toutes les versions de WhatsApp sont concernées, qu’il s’agisse des applications pour Android et iOS, de WhatsApp Business, de la version Web ou de la version Desktop. La gravité des attaques est qualifiée d’élevée. Le National CERT insiste sur le fait qu’un piratage réussi nécessite généralement une action de la part de l’utilisateur, comme le partage d’un code de vérification ou la numérisation d’un code QR. Les comptes qui ne bénéficient pas de la vérification en deux étapes sont particulièrement vulnérables.
Pour se protéger, le National CERT recommande vivement d’activer immédiatement la vérification en deux étapes de WhatsApp, en associant une adresse e-mail de récupération. Il est également conseillé de vérifier régulièrement les appareils connectés à son compte et de ne jamais partager les codes de vérification ou les codes PIN avec qui que ce soit. Les utilisateurs doivent également se montrer vigilants face aux messages urgents demandant de l’argent ou des codes, et éviter de cliquer sur les liens contenus dans les messages non sollicités.
En cas de compromission du compte, le National CERT recommande de réinstaller WhatsApp, de revérifier son numéro de téléphone et de réinitialiser les paramètres de sécurité. Si l’attaquant a activé la vérification en deux étapes sans associer d’adresse e-mail de récupération, l’utilisateur peut être confronté à un blocage de sept jours avant de retrouver l’accès complet à son compte, pendant lequel aucun des deux protagonistes ne pourra lire les messages.
Enfin, le National CERT exhorte les utilisateurs qui soupçonnent un piratage de leur compte à alerter immédiatement leurs contacts, à signaler l’incident à WhatsApp et à surveiller tout signe d’utilisation abusive de leurs données financières ou personnelles. L’équipe appelle le public à rester vigilant, car les cybercriminels adaptent constamment leurs tactiques.
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