Le pape Léon XIV a achevé dimanche une visite historique au Liban, apportant un message d’espoir à un pays plongé dans une crise multidimensionnelle et cherchant à préserver sa communauté chrétienne. Cette étape libanaise, la dernière d’une tournée qui l’a également mené en Turquie, s’inscrit dans une volonté de renforcer le dialogue interreligieux et de soutenir les chrétiens du Moyen-Orient.
Arrivé au Liban dans un contexte de profondes divisions politiques et économiques, le pape a exhorté les dirigeants libanais à dépasser leurs différends et à œuvrer ensemble pour la paix. S’adressant aux autorités, aux diplomates et aux représentants de la société civile, il a déclaré : « Vous avez beaucoup souffert des conséquences d’une économie qui tue, de l’instabilité mondiale qui a des répercussions dévastatrices également au Levant, et de la radicalisation des identités et des conflits. Mais vous avez toujours voulu et su recommencer. » Il a souligné le courage nécessaire pour rester ou revenir dans son pays, face aux difficultés.
La visite papale intervient alors que le Liban est confronté à une crise financière sans précédent, débutée en 2019, qui a entraîné l’effondrement de la monnaie et du système bancaire, plongeant une grande partie de la population dans la précarité. L’explosion du port de Beyrouth en août 2020, qui a fait plus de 218 morts et des milliards de dollars de dégâts, a aggravé la situation. L’enquête sur cette catastrophe, attribuée à la négligence, est au point mort, suscitant la colère et le désespoir des Libanais.
Le pape Léon XIV a également appelé à la « voie de la réconciliation » dans un pays profondément marqué par des divisions sectaires. Bien qu’il n’ait pas directement évoqué la guerre actuelle entre le Hezbollah et Israël, il a reconnu les souffrances endurées par le peuple libanais. Avant son arrivée, le Hezbollah avait appelé le pape à dénoncer « l’injustice et l’agression », en référence aux frappes israéliennes.
Cette visite au Liban, qui avait été promise par son prédécesseur, le pape François, est d’une importance particulière pour le Vatican. Le Liban, où les chrétiens représentent environ un tiers de la population, est considéré comme un rempart pour la communauté chrétienne dans la région. Le système politique libanais est fondé sur un partage du pouvoir entre les différentes communautés religieuses : le président est toujours un chrétien maronite, le Premier ministre un musulman sunnite et le président du Parlement un chiite.
La première étape de la tournée du pape Léon XIV avait été la Turquie, où il avait participé à une prière à la cathédrale apostolique arménienne d’Istanbul et célébré une divine liturgie avec le patriarche œcuménique Bartholomée, chef spirituel des orthodoxes. Cette visite en Turquie avait été motivée par l’invitation à commémorer un événement chrétien important.
Un moment fort de la visite au Liban a été la prière silencieuse du pape sur le site de l’explosion du 4 août 2020, où il a rencontré des victimes. Une délégation de 300 chrétiens syriens était également présente pour prier avec lui et exprimer leur espoir de voir le pape se rendre également en Syrie, un pays où des centaines de milliers de chrétiens ont fui les 14 années de guerre civile.
« Nous avons besoin de quelqu’un comme le pape pour nous donner de l’espoir en tant que chrétiens », a déclaré Dima Awwad, 24 ans, membre de la délégation syrienne. « Nous souhaitons que le pape vienne visiter la Syrie comme il s’est rendu au Liban, pour rassurer le peuple et sentir que nous sommes présents en tant que chrétiens d’Orient et que nous devons être en ce lieu. »
Sur le même sujet
