Publié le 26 juillet 2024. La cycliste écossaise Lauren Dickson, révélée tardivement par le circuit professionnel, s’apprête à rejoindre l’équipe FDJ-Suez, leader mondiale, après un parcours atypique entre course à pied, triathlon et finalement, le cyclisme sur route.
À 25 ans, Lauren Dickson incarne une nouvelle tendance dans le cyclisme professionnel : celle des talents repérés plus tardivement, mais qui parviennent à s’imposer au plus haut niveau. Alors que les équipes investissent de plus en plus dans le détection précoce, affinant et façonnant les jeunes athlètes dès leur plus jeune âge, Dickson prouve qu’il existe encore des voies alternatives pour atteindre l’excellence.
Son parcours est loin des sentiers battus. Passée par l’athlétisme et le triathlon, elle s’est lancée dans le cyclisme professionnel il y a quelques années seulement. Une transition qui n’est pas sans rappeler celle de Primož Roglič, ancien sauteur à ski reconverti en cycliste. Pour Dickson, cette reconversion est le fruit d’une ambition de longue date :
« J’ai toujours rêvé de devenir une athlète professionnelle et cela s’est produit de la meilleure façon possible, je pense. »
Lauren Dickson
En avril dernier, avant de remporter le Grand Prix Lincoln avec l’équipe continentale UCI Handsling Alba Development Road Team, Dickson avait confié son sérieux et son dévouement à décrocher un contrat professionnel. Six mois plus tard, son rêve devient réalité avec l’annonce de son arrivée chez FDJ-Suez, l’équipe actuellement classée numéro un mondiale.
L’enthousiasme de la jeune athlète est palpable :
« Je suis ravie… aux anges ! Je me souviens que mon agent (Hannah Barnes) m’a demandé comment je me sentirais en portant un maillot FDJ Suez, et j’ai pensé à quel point ce serait incroyable, mais je n’ai jamais vraiment cru que j’en aurais la chance. »
Lauren Dickson
Elle souligne l’importance de rejoindre une équipe aussi ambitieuse et performante :
« Le fait qu’elles soient classées premières au monde cette année reflète à quel point tous les membres de l’équipe sont dévoués et talentueux, à la fois les coureurs et le staff, et je suis ravie de faire partie d’une organisation aussi ambitieuse et travailleuse. »
Lauren Dickson

Dickson nourrit de grandes ambitions pour l’avenir, notamment celle de remporter une étape d’un Grand Tour. La Vuelta, en particulier, la tente :
« J’adorerais gagner une étape du Grand Tour, en particulier je rêve d’une étape sur la Vuelta parce que j’ai passé beaucoup de temps en Espagne et étudié l’espagnol à l’université. Une étape de la Vuelta serait assez symbolique sur le plan personnel, je pense, un point culminant d’équilibre entre les études et le sport d’élite. »
Lauren Dickson
Comme son compatriote écossais Oscar Onley, qui a également connu un parcours atypique, Dickson se distingue par sa rigueur et son approche méthodique de l’entraînement. Elle a terminé quatrième au Tour de France, ce qui témoigne de son potentiel. Pour 2026, elle se concentrera sur l’amélioration de ses compétences techniques et l’optimisation de ses capacités physiologiques.

Son expérience en triathlon lui a permis de développer une solide capacité à gérer les exigences de l’entraînement. Elle souhaite notamment progresser en contre-la-montre, une discipline dans laquelle elle excelle déjà grâce à son profil de puissance :
« J’aimerais passer du temps à me concentrer sur les contre-la-montre et voir jusqu’où je peux aller dans cette discipline, car c’est quelque chose que j’ai fait beaucoup en triathlon et je pense que mon profil de puissance est adapté. J’ai roulé sur le Shiv [le vélo de contre-la-montre Specialized utilisé par FDJ Suez] au Tour de l’Ardèche et mes écarts étaient étonnamment proches de ceux du vainqueur sur le plat, donc je pense qu’investir du temps ici quelque part dans le futur en vaudrait la peine. »
Lauren Dickson
Sa physiologie, qu’elle décrit comme un « moteur diesel », lui permet de performer sur les courses difficiles et éprouvantes. Son passé d’athlète et de triathlète lui a également conféré une robustesse physique et une force mentale remarquables :
« Physiquement, cela signifie que je suis assez robuste : courir renforce les os et j’avais l’habitude d’incorporer du travail en salle de sport dans mon programme pour gagner en performance et prévenir les blessures. Le volume d’entraînement du triathlon est également assez élevé, donc parfois une grande journée à vélo semble plus gérable car je peux vraiment me concentrer sur cette séance et non sur jongler avec différentes séances dans la même journée. »
Lauren Dickson
Dickson a également bénéficié d’un encadrement de qualité, notamment grâce au soutien de Scottish Cycling et d’Alba. Son entraîneur, Evan Oliphant, a su la guider et l’aider à développer ses compétences. Elle souligne également l’importance du soutien de son partenaire, Sean Flynn, également cycliste.
Malgré son âge, Dickson ne considère pas qu’elle a manqué d’apprentissage. Elle a suivi le parcours des talents de British Athletics, qui lui a fourni des conseils précieux sur la nutrition sportive, l’entraînement aux médias et la psychologie du sport. Elle continue d’appliquer ces enseignements dans sa carrière.
Avec ses performances régulières en Parkrun (temps autour de 17 minutes), Lauren Dickson promet de dynamiser l’équipe FDJ-Suez et de donner du fil à retordre à ses concurrentes, dont Demi Vollering.
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