Le parquet général de Malaisie a bloqué vendredi la libération conditionnelle de l’ancien Premier ministre Najib Razak, ordonnant son maintien en détention à la prison de Kajang malgré le paiement d’une amende de 50 millions de ringgit par son parti politique pour financer son assignation à résidence.
Le parquet suspend la libération de l’ancien Premier ministre
L’ancien dirigeant de 73 ans devait quitter sa cellule le 6 novembre 2026 à la suite d’un ordre de libération émis par la Haute Cour de Kuala Lumpur. L’Associated Press rapporte que le procureur général a prononcé une suspension temporaire de cette mesure en invoquant des zones d’ombre juridiques concernant les conditions d’application de la grâce royale conditionnelle.
La défense et les services de l’État s’opposent sur la portée de l’ordonnance de décharge. Selon DayakDaily, le parquet cherche à déterminer si le paiement de 50 millions de ringgit solde uniquement le volet pécuniaire de la condamnation dans l’affaire SRC International.
Le parquet cherche aussi à savoir s’il éteint l’ensemble de la peine de prison en cours, fixée jusqu’au 23 août 2028. L’Attorney-General’s Chambers a indiqué que cette incertitude juridique pèse directement sur le déroulement d’une autre condamnation de quinze ans d’emprisonnement prononcée dans le dossier du fonds souverain 1Malaysia Development Berhad. Un tribunal a ordonné que cette dernière peine ne commence qu’au terme de la détention liée à l’affaire SRC International.
L’équipe juridique de l’ex-Premier ministre a rejeté cette décision en fin de journée vendredi. Elle estime que le parquet fait abstraction de la décision souveraine prise par le roi de Malaisie, le sultan Ibrahim.

La famille conteste le blocage des fonds versés par l’UMNO
La somme nécessaire à la libération conditionnelle a été réunie par l’Organisation nationale unie malaise (UMNO) par le biais d’une campagne de dons lancée le 18 septembre sous la bannière du fonds de solidarité Najib Razak. Malaysiakini indique que la fille de l’ancien Premier ministre, Nooryana Najwa, a exprimé sa vive déception face à ces atermoiements judiciaires, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles la Haute Cour a accepté les fonds si des obstacles subsistaient.
La famille attendait l’ancien chef du gouvernement à son domicile lorsque l’ordre de transfert a été interrompu. L’aide de camp de l’ancien dirigeant, Ahmad Lutfi Azhar, et l’avocat Farhan Shafee avaient confirmé un peu plus tôt que les formalités de paiement s’étaient déroulées auprès de la juridiction compétente. L’UMNO, par la voix de son secrétaire général Datuk Dr Asyraf Wajdi Dusuki, a adressé une mise en garde publique à l’encontre de toute tentative gouvernementale de bloquer l’application de la mesure royale.
La résidence familiale située au numéro 11 de la rue Jalan Langgak Duta, à Taman Duta, avait pourtant été officiellement déclarée annexe pénitentiaire par le ministère de l’Intérieur, comme le relève Free Malaysia Today. L’arrêté ministériel publié au Journal officiel fixait la superficie de cette zone de détention à 4 559 mètres carrés.
Le ministre des Transports démissionne sur fond de tensions politiques
La décision d’accorder une assignation à résidence à Najib Razak a provoqué des tensions au sein de la coalition gouvernementale. NST Online rapporte que le ministre des Transports Anthony Loke a confirmé que sa démission prendrait effet dès l’arrivée effective de Najib Razak à son domicile. Le dirigeant du Parti d’action démocratique (DAP) a estimé qu’une telle mesure d’élargissement envoie un signal négatif en matière de lutte contre la grande corruption.

Le parquet général a ordonné le retour de l’ancien chef du gouvernement à la prison de Kajang dans l’attente d’une audience devant les tribunaux pour trancher le différend juridique.
L’administration pénitentiaire a ainsi reconduit Najib Razak au sein du complexe carcéral de Kajang en fin d’après-midi, après un bref déplacement matinal effectué à bord d’un véhicule utilitaire sport de couleur argentée. La cheffe de l’information de l’UMNO, Azalina Othman Said, a réclamé des explications publiques de la part des autorités sur le timing de cette suspension intervenue après l’encaissement effectif des fonds.
Plusieurs organisations de la société civile et personnalités publiques ont formulé des requêtes exigeant une plus grande transparence sur l’origine exacte des contributions financières versées au parti.
Les services concernés et l’équipe de défense doivent désormais se présenter de nouveau devant la Haute Cour pour obtenir une interprétation judiciaire définitive. Cette décision arbitrera l’articulation entre l’ordonnance royale d’assignation à résidence et les peines d’emprisonnement non purgées qui continuent de peser sur le parcours judiciaire de l’ancien dirigeant.

Dans l’intervalle, l’ancien Premier ministre demeure sous l’autorité exclusive de la direction des prisons malaisiennes, alors que les débats politiques et institutionnels autour de son statut pénitentiaire se poursuivent au sein de l’opinion publique.