Publié le 14 mai 2024 à 10h30. Le controversé PDG de Ryanair, Michael O’Leary, a dévoilé un calendrier prévisionnel pour son départ, anticipant de passer la main à un successeur d’ici 2035 et souhaitant un leadership plus mesuré pour l’avenir de la compagnie aérienne.
- Michael O’Leary envisage de quitter ses fonctions de PDG de Ryanair dans les cinq à dix prochaines années.
- Il est actuellement en négociations pour une prolongation de contrat de trois à cinq ans au-delà de 2028.
- O’Leary espère un « interrègne » pour former son successeur et souhaite que Ryanair adopte un style de communication moins agressif.
Après plus de trois décennies à la tête de Ryanair, Michael O’Leary, 64 ans, a esquissé pour la première fois un horizon temporel pour sa succession. L’homme d’affaires, connu pour son franc-parler et ses méthodes parfois provocatrices, a déclaré au Financial Times qu’il ne souhaitait pas suivre l’exemple de Warren Buffett, qui continue de diriger Berkshire Hathaway à l’âge de 93 ans.
« Je ne veux pas traîner jusqu’à 96 ans comme [Warren] Buffett », a-t-il affirmé. Son contrat actuel expire en 2028, et il est en pourparlers pour une prolongation de « trois à cinq ans ». Il estime qu’il quittera ses fonctions dans les cinq à dix années à venir.
O’Leary a également exprimé son désir de faciliter une transition en douceur. Il envisage un « interrègne » où il formerait son successeur pendant une période de deux ans. Il a souligné l’importance d’avoir une équipe de direction solide en place pour assurer la continuité de l’entreprise.
« Dans un monde idéal, nous aurions un modeste interrègne… Vous annonceriez que c’est le prochain PDG du groupe, et je resterais là pendant deux ans pour le former. »
Michael O’Leary, PDG de Ryanair
Le dirigeant a également reconnu que son style de communication direct et souvent conflictuel pourrait être un frein à l’image de Ryanair. Il a suggéré que la compagnie aérienne pourrait bénéficier d’un leadership plus conciliant.
« Me retirer à un moment donné au cours des cinq à dix prochaines années donnerait à Ryanair l’opportunité d’être un peu plus doux et un peu plus gentil. Ryanair se porterait mieux s’il n’y avait pas quelqu’un qui criait, jurait et allumait activement des incendies. »
Michael O’Leary, PDG de Ryanair
Cependant, il a également démontré qu’il n’était pas certain que cette approche plus diplomatique soit la meilleure. Lors de la récente conférence téléphonique sur les résultats de l’entreprise, il n’a pas hésité à critiquer les réglementations européennes qu’il juge « absurdes » et à dénoncer les politiques fiscales britanniques.
Arrivé chez Ryanair à la fin des années 1980, O’Leary a pris les rênes en 1994 et a transformé la compagnie en leader européen du transport aérien, transportant plus de 200 millions de passagers par an en Europe et en Afrique du Nord. Son modèle économique, inspiré de Southwest Airlines aux États-Unis, repose sur une réduction drastique des coûts et une stratégie de communication audacieuse, parfois controversée, comme l’idée, en 2009, de faire payer l’utilisation des toilettes à bord.
O’Leary a également souligné que l’entreprise dispose d’un vivier de talents pour assurer sa succession. Il a mentionné que la deuxième génération de dirigeants, âgée de 40 à 50 ans, est prête à prendre le relais.
« La succession est toujours un risque », a-t-il déclaré au Financial Times. « Cela ne sert à rien de prétendre le contraire. »