La victoire de l’équipe indienne de cricket en finale de la Coupe d’Asie face au Pakistan a été émaillée de tensions politiques, allant jusqu’à un refus de remise de trophée et des accusations de comportement antisportif. Le Premier ministre indien Narendra Modi a même fait référence à un récent conflit militaire avec le Pakistan pour célébrer le succès de ses joueurs.
Dimanche 22 septembre 2024, au Dubai International Cricket Stadium, l’Inde a battu le Pakistan par cinq guichets. Cependant, la cérémonie de remise des prix a été marquée par un geste de protestation de l’équipe indienne. Les joueurs indiens ont refusé d’accepter le trophée des mains de Mohsin Naqvi, chef du Conseil de cricket d’Asie (ACC) et ministre de l’Intérieur pakistanais.
Selon Simon Doull, ancien joueur et commentateur néo-zélandais, l’équipe indienne a également décidé de ne pas percevoir ses prix individuels en raison du contexte politique tendu. Tilak Varma (meilleur joueur du match), Abhishek Sharma (meilleur joueur du tournoi) et Kuldeep Yadav (joueur le plus utile) se sont présentés pour recevoir leurs récompenses, mais n’ont pas reconnu Mohsin Naqvi. Ce dernier, seul sur scène, n’a pas applaudi les joueurs indiens.
« Je n’ai jamais vu une équipe gagnante refuser son trophée », a déclaré Kuldeep Yadav lors de la conférence de presse d’après-match.
Le capitaine pakistanais, Salman Agha, a vivement critiqué l’attitude indienne, la qualifiant de « mauvaise pour le cricket ». « Ce qu’ils ont fait aujourd’hui, une bonne équipe ne le fait pas. Les bonnes équipes font ce que nous avons fait. Nous avons attendu nos médailles et les avons prises », a-t-il affirmé.
Ces incidents font suite à une série de tensions entre les deux équipes durant le tournoi, notamment le refus des joueurs indiens de serrer la main à leurs homologues pakistanais lors de leurs rencontres.
L’origine de cette animosité remonte au conflit de mai dernier en Cachemire, déclenché par une attaque ayant fait 22 morts, que l’Inde a imputée au Pakistan, ce que ce dernier dément fermement. En réponse, le Premier ministre Modi avait annoncé « l’opération Sindoor », exacerbant les tensions et entraînant des représailles pakistanaises. Ce bref conflit a causé la mort de plus de 70 personnes suite à des échanges de tirs de missiles et de drones.
Narendra Modi a d’ailleurs fait un parallèle direct entre ce conflit et la victoire de son équipe de cricket, publiant sur X (anciennement Twitter) : « #OpérationSindoor sur le terrain des jeux. Le résultat est le même – l’Inde gagne ! Félicitations à nos joueurs de cricket. »
En juin, un officier de marine indien avait admis que le pays avait perdu plusieurs avions de chasse face aux forces pakistanaises lors des affrontements de mai, attribuant ces pertes à des « contraintes » imposées par le gouvernement.
Le secrétaire du conseil indien de cricket (BCCI), Devajit Saikia, a annoncé que le conseil déposerait une plainte contre Mohsin Naqvi lors de la prochaine réunion du Conseil international de cricket (ICC) en novembre.
Par ailleurs, des accusations de comportements politiques ont été portées contre des joueurs des deux équipes. Kuldeep Yadav aurait tenu des propos politiques après le premier match, tandis que Sahibzada Farhan et Haris Rauf, du côté pakistanais, auraient fait des gestes à connotation politique lors du deuxième match.
À ne pas manquer
