Publié le 14 novembre 2025 à 23h00. Des chercheurs allemands ont identifié dans le venin de l’araignée la plus venimeuse d’Allemagne des composants qui pourraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques, notamment dans la lutte contre le cancer.
- Le venin du doigt d’épine d’une infirmière (Cheiracanthium punctorium) contient un large éventail de toxines ciblant les structures cellulaires.
- L’étude, menée par des scientifiques de la JLU Giessen et de l’Institut Fraunhofer IME, a permis de déchiffrer la composition du venin et de mieux comprendre son évolution.
- Les résultats suggèrent que ces toxines pourraient être explorées pour le développement de traitements contre des maladies cellulaires comme le cancer.
Le doigt d’épine d’une infirmière, une araignée commune en Allemagne, est réputée pour sa morsure douloureuse nécessitant parfois une intervention médicale. Jusqu’à présent, la composition exacte de son venin restait largement méconnue. Une équipe de chercheurs de l’Université Justus Liebig de Giessen (JLU) et de l’Institut Fraunhofer de biologie moléculaire et d’écologie appliquée (IME) a réussi à percer ce mystère, publiant ses découvertes dans la revue scientifique Communications Biology.
« Nous avons identifié un ensemble complet de nouvelles toxines fascinantes et avons pu démontrer comment le doigt d’épine d’une infirmière peut provoquer un empoisonnement aussi douloureux », explique le Dr Tim Lüddecke, responsable du groupe de travail “Animal Venomics” à l’Institut de biotechnologie des insectes de la JLU et principal auteur de l’étude. Le venin se compose de nombreux éléments qui attaquent les structures cellulaires, un mécanisme similaire à celui observé avec le venin d’abeille, et provoque ainsi des effets locaux importants.
Les venins défensifs se caractérisent par une action rapide et intense, permettant une protection immédiate contre les prédateurs. Selon Lüddecke, « contrairement à d’autres araignées, le doigt d’épine d’une infirmière utilise principalement son venin pour défendre sa progéniture ». Il ajoute : « Les abeilles et certaines autres espèces possèdent également des venins défensifs classiques. Il semble que l’évolution réponde à des défis similaires avec des solutions biomoléculaires analogues, même chez des espèces peu apparentées. »
Cette découverte ouvre des perspectives intéressantes pour la recherche de nouveaux principes actifs. Jusqu’à présent, l’étude des venins d’araignées s’est principalement concentrée sur l’identification de nouvelles structures moléculaires pour le traitement des maladies neurologiques. « Cependant, la diversité des toxines présentes dans le venin du doigt d’épine d’une infirmière, qui ciblent les cellules, suggère qu’elles devraient également être évaluées pour leur potentiel dans le traitement de maladies cellulaires telles que le cancer », conclut le Dr Lüddecke.
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