Une amélioration des perspectives de croissance en zone euro pourrait entraîner une hausse significative des taux d’intérêt, mais les marchés restent prudents et les taux réels demeurent bas. Aux États-Unis, les tensions sur les marchés monétaires persistent malgré une stabilité apparente des taux du Trésor.
L’Allemagne a surpris en publiant des données économiques légèrement meilleures que prévu, ce qui a suscité un regain d’optimisme parmi les entreprises. Cependant, les analystes doutent que cette tendance marque un tournant décisif, et les chiffres de jeudi pourraient confirmer une récession technique dans le pays.
Du point de vue des taux, une croissance plus robuste aurait un impact important. Depuis l’annonce des dépenses allemandes en mars, les taux réels à long terme ont déjà augmenté de 50 points de base, atteignant presque 1 %. Ce niveau reste toutefois inférieur à 2 %, le taux observé avant la crise de la dette souveraine européenne, ce qui témoigne d’un pessimisme persistant quant à l’avenir économique.
Les marchés ne s’attendent pas à une amélioration rapide de la croissance structurelle de la zone euro. Néanmoins, une impulsion budgétaire à moyen terme pourrait contribuer à faire monter les taux. L’enjeu principal réside dans la réévaluation de la probabilité d’une stagnation séculaire, caractérisée par une faible inflation et des taux d’intérêt bas. Si les marchés commencent à envisager un scénario plus favorable, les taux des swaps pourraient augmenter sensiblement. Les experts prévoient que le taux swap à 10 ans pourrait atteindre près de 3 % d’ici 2026.
Par ailleurs, la situation aux États-Unis est marquée par une émission nette importante de bons du Trésor, qui exerce une pression sur les marchés monétaires. Le solde de trésorerie du Trésor continue de croître, tandis que les réserves diminuent, ce qui entraîne un resserrement des conditions de liquidité et une hausse des taux des fonds. La Réserve fédérale pourrait être amenée à racheter des bons pour reconstituer les réserves.
La dynamique de la dette américaine reste préoccupante, mais le marché obligataire ne semble pas anticiper de difficultés majeures pour le moment. Les recettes douanières, qui ont atteint 120 milliards de dollars (plus qu’en 2024), ont contribué à atténuer le déficit budgétaire pour 2025, bien qu’il reste élevé.
À surveiller ce mardi : l’enquête sur les prêts de la Banque centrale européenne, qui permettra d’évaluer les conditions financières et la nécessité d’un assouplissement supplémentaire. Les attentes d’inflation des consommateurs de la BCE, qui semblent bien ancrées, seront également scrutées.
Emissions prévues : une obligation indexée sur l’inflation de 1,5 milliard de livres sterling, une vente aux enchères de BTP à 2 ans et d’un BTPei à 11 ans pour un total de 3,5 milliards d’euros en Italie, et une vente aux enchères de Bobl à 5 ans pour 4 milliards d’euros en Allemagne. Les États-Unis émettront pour un total de 44 milliards de dollars d’obligations.
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