Publié le 1er décembre 2025 à 14h13. La Cour pénale internationale (CPI) affirme sa détermination à ne pas céder aux pressions politiques, alors qu’elle fait face à des sanctions et à des critiques de la part de plusieurs États, notamment les États-Unis et la Russie, tout en gérant des défis internes.
- La CPI refuse de se laisser influencer par les États-Unis et la Russie, malgré les sanctions imposées à son personnel.
- Des enquêtes sur des responsables américains et israéliens ont provoqué des réactions hostiles, notamment des sanctions de l’administration Trump.
- La Cour est également confrontée à une enquête interne concernant des allégations d’inconduite sexuelle visant son procureur.
La présidente de la Cour pénale internationale, la juge Tomoko Akane, a réaffirmé lundi, lors de la réunion annuelle de l’institution, l’indépendance de la CPI face aux pressions extérieures. « Nous n’acceptons jamais aucune sorte de pression », a-t-elle déclaré aux délégations des 125 États membres. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions croissantes avec plusieurs pays, qui contestent la légitimité des enquêtes menées par la Cour.
L’administration Trump avait notamment imposé des sanctions à neuf membres du personnel de la CPI, dont six juges et le procureur en chef, en représailles aux enquêtes ouvertes sur des responsables américains et israéliens. Plus récemment, Moscou a émis des mandats d’arrêt contre des membres de la CPI en réponse à un mandat visant le président Vladimir Poutine dans le cadre de la guerre en Ukraine. Ces actions ont eu des conséquences négatives sur le travail de la Cour, déjà confrontée à des contraintes budgétaires.
L’année dernière, la juge Akane avait déjà exprimé son inquiétude face aux menaces pesant sur la CPI sous l’administration Trump. Trois semaines après son retour au pouvoir, Donald Trump avait signé un décret imposant des sanctions au procureur Karim Khan pour les enquêtes concernant Israël, un allié proche des États-Unis.
La CPI a récemment émis un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour des crimes de guerre présumés liés à l’offensive militaire israélienne à Gaza, suite aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Cette décision a suscité de vives réactions et a contribué à exacerber les tensions autour de la Cour.
La réunion d’une semaine de la CPI, qui a débuté lundi, est marquée par l’examen et l’approbation du budget, dans un contexte de pressions accrues et de défis internes. Parallèlement, une enquête est en cours concernant des allégations d’inconduite sexuelle visant le procureur Karim Khan, qui a temporairement quitté ses fonctions en attendant les résultats de cette enquête. Il nie fermement les accusations.
Päivi Kaukoranta, la présidente de l’Assemblée des États parties, a reconnu que l’enquête sur les allégations concernant le procureur Khan avait pris plus de temps que prévu. « Je suis bien consciente que les États ont été frustrés par la longueur de ce processus », a-t-elle déclaré lors de son discours d’ouverture.
Créée en 2002, la Cour pénale internationale est un tribunal permanent chargé de juger les individus responsables des crimes les plus graves : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide et crime d’agression. Les États-Unis, Israël, la Russie et la Chine ne sont pas membres de la CPI. La Cour n’intervient que lorsque les États ne peuvent ou ne veulent pas poursuivre ces crimes sur leur territoire et ne dispose pas de force de police propre, dépendant des États membres pour l’exécution des mandats d’arrêt.
