Dans une opération audacieuse et controversée, les forces américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, lors d’un raid mené samedi à Caracas. L’annonce, faite par le président Donald Trump, marque une escalade sans précédent de l’intervention américaine dans les affaires intérieures du Venezuela et soulève d’importantes questions quant à sa légalité.
Selon le président Trump, l’opération, qui impliquait notamment une unité d’élite de la Delta Force, s’est concentrée sur plusieurs cibles stratégiques, dont la base militaire de Fort Tiuna et le port de La Guardia. Le couple présidentiel a été appréhendé dans un complexe sécurisé, décrit par Trump comme une véritable « forteresse ». Ils ont ensuite été transférés par hélicoptère vers l’USS Iwo Jima, en route vers New York où ils seront inculpés.
La procureure générale Pam Bondi a déclaré que Maduro « fera bientôt face à toute la colère de la justice américaine devant les tribunaux américains », pour des accusations liées à un « complot narco-terroriste ». Ces accusations, initialement portées en 2020, ont été renforcées samedi avec l’inculpation de Cilia Flores.
L’administration Trump ne reconnaît pas le gouvernement de Maduro depuis 2019, ayant reconnu le chef de l’opposition vénézuélienne Juan Guaidó comme président légitime. Elle justifie ainsi son intervention en affirmant qu’elle ne viole pas la souveraineté vénézuélienne, Maduro n’étant pas considéré comme un dirigeant légitime.
L’opération a immédiatement suscité des réactions internationales. Le secrétaire général des Nations Unies s’est déclaré « profondément préoccupé » par le non-respect du droit international, soulignant qu’il s’agit d’un « dangereux précédent ». Des voix s’élèvent également au sein du Congrès américain, certains élus affirmant n’avoir pas été informés de l’opération et dénonçant un manque de transparence.
Le sénateur Andy Kim a écrit sur les réseaux sociaux : « Cette frappe ne représente pas la force. Ce n’est pas une politique étrangère saine. Elle met les Américains en danger au Venezuela et dans la région, et elle envoie un signal horrible et inquiétant aux autres dirigeants puissants du monde entier, selon lequel cibler un chef d’État est une politique acceptable pour le gouvernement américain. »
Concernant les éventuelles victimes, Trump a affirmé qu’il y a eu « quelques blessés mais aucun mort de notre côté ». Cependant, le procureur général vénézuélien, Tarek William Saab, a déclaré que « des victimes innocentes ont été mortellement blessées et d’autres tuées par cette attaque terroriste criminelle », sans fournir de chiffres précis.
Nicolás Maduro est au pouvoir au Venezuela depuis 2013, succédant à Hugo Chávez. Son mandat a été marqué par une crise économique profonde, des accusations de violations des droits de l’homme et des contestations sur la légitimité des élections. Il avait entamé un troisième mandat de six ans en 2025, malgré des preuves crédibles de sa défaite face au candidat de l’opposition Edmundo González lors des élections de 2024.
À ce stade, l’avenir du Venezuela reste incertain. Trump a déclaré que son administration entend « diriger » le pays temporairement, dans l’attente d’une « transition sûre, appropriée et judicieuse ». Il a également évoqué la possibilité d’intégrer des compagnies pétrolières américaines dans l’exploitation des ressources vénézuéliennes. Il a également prévenu qu’une « deuxième attaque, bien plus importante » pourrait être lancée si nécessaire.
La question de savoir qui prendra la relève au Venezuela demeure ouverte. Trump s’est refusé à soutenir explicitement la chef de l’opposition Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix l’année dernière, affirmant qu’il faudra « y réfléchir ».