Home SantéLe principal centre de traitement des déchets de San Juan ne récupère que 20 des 750 tonnes qui arrivent chaque jour

Le principal centre de traitement des déchets de San Juan ne récupère que 20 des 750 tonnes qui arrivent chaque jour

by Sophie Martin

San Juan peine à rattraper son retard en matière de recyclage, malgré un potentiel important. Alors que la pression monte pour réduire les déchets et préserver les ressources, la province n’exploite qu’une fraction de ses capacités de valorisation.

Le Parc des Technologies Environnementales (PTA) de Rivadavia, qui traite quotidiennement environ 750 tonnes de déchets provenant de neuf départements, ne recycle actuellement que 20 % de ces volumes. Principalement du papier/carton, du verre, des canettes et des plastiques, ainsi que la production de compost. Pourtant, ces matériaux représentent entre 75 et 80 % de l’ensemble des déchets traités.

Ce faible taux de recyclage n’empêche pas le PTA de générer des revenus significatifs : 43 millions de pesos au premier semestre et plus de 180 millions de pesos en 2024, grâce à la vente de matières premières à des industriels. Santiago Ceballos, sous-secrétaire aux déchets, estime que ces revenus pourraient considérablement augmenter si la logistique était optimisée, ouvrant la voie à une approche « zéro déchet ».

Le principal obstacle à l’amélioration de la situation réside dans le manque d’adhésion des communes au programme « Separar Suma ». Ce programme, qui ne nécessite aucun investissement initial en matière d’équipement ou de transport, vise à faciliter la collecte sélective. À ce stade, seules trois ou quatre communes ont manifesté leur intérêt. Rawson est un exemple positif, avec une séparation des déchets qui progresse grâce à la sensibilisation des habitants, qui trient leurs déchets recyclables une fois par semaine.

D’autres communes, comme le 25 mai et Caucete, ont commencé à mettre en place des initiatives, mais les résultats restent limités. Caucete, qui traite environ 50 tonnes de déchets par jour, affiche un faible taux de séparation. « Il n’y a pas de magie, si chaque commune ne fait pas sa part, cela ne sera jamais réalisé. Nous avons besoin qu’elles s’intensifient et fassent la séparation », insiste M. Ceballos, ingénieur industriel titulaire d’un master en déchets solides urbains.

Sarmiento encourage également la séparation des déchets à domicile, tandis que Calingasta a interrompu sa première initiative en raison de la distance entre les centres de population et l’usine de traitement.

Les communes qui envoient leurs déchets au PTA sont Rivadavia, la capitale, Rawson, Pocito, Santa Lucía, Chimbas, Albardón, Ullum et Zonda. Les autres les dirigent vers les usines de Valle Fertil, San Martín, Caucete, Iglesia, Jáchal, Calingasta et Sarmiento, en fonction de leur proximité géographique.

« Chaque usine a sa propre décharge et son propre système de tri des déchets. Bien que des prêts soient accordés à chaque municipalité, elle est responsable de la gestion de son usine. Notre intervention se limite à des conseils techniques et à des contrôles réguliers. Nous constatons que certaines usines sont en difficulté en raison des coûts de maintenance élevés, ce que nous expérimentons directement au PTA », explique M. Ceballos.

La participation citoyenne est également cruciale. Une fois que le programme « Separar Suma » sera pleinement mis en œuvre, il suffira d’établir un jour par semaine pour la collecte des déchets recyclables, sans nécessiter de conteneurs spéciaux ou de moyens de transport supplémentaires. Une simple campagne de sensibilisation suffira à informer les habitants du jour de collecte.

« La responsabilité citoyenne, le changement des habitudes et la possibilité de trier les déchets permettront qu’ils arrivent à l’usine de manière plus classée et soient utilisés, car tout ce qui est mélangé perd de la valeur et ne peut être valorisé », souligne le sous-secrétaire.

Les autorités sont également en discussion avec l’Union industrielle de San Juan pour créer des liens entre les entreprises et les petites et moyennes entreprises de recyclage, afin de favoriser l’utilisation des déchets recyclables. Par ailleurs, des négociations sont en cours avec une multinationale de boissons gazeuses, qui souhaite rejoindre la campagne de recyclage grâce à son système de consigne déjà en place à Mendoza.

L’État provincial organise régulièrement des appels d’offres pour la vente de matériaux compactés prêts à être recyclés (carton, papier, verre, plastique, canettes). Un nouvel appel d’offres est prévu prochainement, cette fois pour les Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE), permettant la récupération de plaquettes et d’autres composants. Les revenus générés par ces ventes sont réinvestis dans le fonctionnement du PTA, notamment pour l’entretien et la réparation des machines.

Il s’agit, en somme, d’une démarche d’économie circulaire, un concept souvent évoqué mais encore peu appliqué.

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