Publié le 29 septembre 2025 à 17h43. Après une crise historique qui a fait flamber les prix, le marché du cacao connaît un revirement inattendu, poussant les fonds spéculatifs à prendre des positions vendeuses pour la première fois en trois ans.
- Les prix du cacao ont chuté d’environ 50 % par rapport à leur pic de décembre.
- Les prévisions tablent sur une amélioration des récoltes et une demande anticipée, avec un excédent de production estimé à 186 000 tonnes pour la saison 2025-26.
- Les analystes prévoient un ralentissement de la demande en raison de la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs et des stratégies des chocolatiers pour réduire leurs coûts.
Le marché mondial du cacao connaît un regain d’optimisme, après des mois de tensions liées à de mauvaises récoltes en Afrique de l’Ouest. Ce changement de tendance se traduit par un repositionnement des fonds spéculatifs, qui misent désormais sur une baisse des prix à Londres. C’est la première fois en trois ans qu’ils adoptent une telle stratégie.
Cette évolution s’accompagne d’une réduction des paris à la hausse sur les contrats à terme de New York, alors que les prix ont déjà reculé d’environ la moitié depuis leur sommet de décembre. Les perspectives d’une meilleure production et d’une demande précoce sont au cœur de ce revirement.
Selon une récente enquête de Bloomberg, la production pourrait dépasser la consommation d’environ 186 000 tonnes au cours de la saison 2025-26, soit plus du double de l’excédent prévu pour la saison en cours. Cette amélioration de l’offre devrait contribuer à reconstituer les stocks mondiaux, qui ont été fortement réduits par les mauvaises récoltes des principaux producteurs d’Afrique de l’Ouest.
L’an dernier, ces mauvaises récoltes avaient provoqué une flambée des prix à terme, mettant les commerçants sous pression et obligeant les fabricants de chocolat à répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs ou à réduire leurs achats.
Voici un aperçu de la situation en Colombie.
Les contrats à terme ont chuté d’environ 8 % à Londres et à New York au cours du mois en cours, se rapprochant de leurs niveaux les plus bas la semaine dernière. Cependant, ils ont rebondi lundi, interrompant une baisse de deux jours.
Malgré cette amélioration, les prix restent historiquement élevés. La production des principaux pays producteurs d’Afrique de l’Ouest peine à retrouver ses niveaux maximaux en raison de conditions climatiques défavorables, du vieillissement des arbres et de la propagation de maladies, notamment en Côte d’Ivoire, le premier producteur mondial.
Les analystes et les commerçants interrogés par Bloomberg ce mois-ci s’attendent à un ralentissement de la demande, les consommateurs réduisant leurs achats et certains chocolatiers optant pour des alternatives au cacao pour réduire leurs coûts.
Voici l’évolution des prix des matières premières :
- Le cacao a augmenté de 0,7 %, à 4 881 livres sterling la tonne à Londres et de 2,2 % à New York.
- Parmi les autres produits de base, le café arabica a progressé de 2,6 % et le sucre brut a légèrement augmenté.
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