Publié le 28 octobre 2025 14:52:00. Le procureur général du Texas, Ken Paxton, a lancé une action en justice contre les fabricants du Tylenol, accusant les entreprises d’avoir dissimulé des dangers potentiels pour le développement cérébral des enfants. Cette initiative intervient dans un contexte de débat public relancé par d’anciennes déclarations de Donald Trump sur un possible lien entre le paracétamol et l’autisme.
- Le procureur général du Texas poursuit Johnson & Johnson et Kenvue, les fabricants actuels et anciens du Tylenol, pour avoir prétendument caché des risques liés à l’utilisation du médicament pendant la grossesse.
- L’action en justice s’appuie sur des allégations de dissimulation de données scientifiques concernant un lien potentiel entre le paracétamol et des troubles du développement neurologique, notamment l’autisme.
- Kenvue réfute ces accusations, affirmant qu’aucune preuve crédible ne démontre un tel lien, tandis que les organisations médicales soulignent l’importance du paracétamol pour gérer la douleur et la fièvre pendant la grossesse.
Ken Paxton, républicain et candidat au Sénat américain, affirme que les entreprises ont « trahi l’Amérique en profitant de la douleur et en proposant des pilules quels que soient les risques ». Il accuse Kenvue et Johnson & Johnson d’avoir « délibérément ignoré et tenté de faire taire la science » concernant l’acétaminophène (le principe actif du Tylenol) et l’autisme. Le procureur général souhaite obliger les entreprises à retirer toute publicité affirmant que le Tylenol est sans danger pour les femmes enceintes.
Cette action en justice fait écho à une plainte similaire déposée en 2022 par un groupe de parents d’enfants atteints d’autisme et de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Cette précédente tentative avait été rejetée par un juge fédéral, estimant que les recherches présentées par les experts des parents n’étaient pas concluantes.
Le contexte de cette affaire est également marqué par les déclarations controversées de l’ancien président Donald Trump, qui avait récemment exhorté les femmes enceintes à « se battre comme un diable » pour éviter de prendre du Tylenol lorsqu’elles sont malades. Suite à ces propos, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a publié un avis invitant les médecins à envisager de limiter l’utilisation du Tylenol, tout en soulignant qu’une relation de cause à effet entre le médicament et l’autisme n’avait pas été établie.
Robert F. Kennedy Jr., actuel secrétaire à la Santé et superviseur de la FDA, avait annoncé en avril un vaste programme de tests et de recherches visant à déterminer les causes de l’autisme en quelques mois. Cependant, les experts soulignent la complexité de l’autisme, qui est considéré comme un trouble neurodéveloppemental multifactoriel résultant d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Le diagnostic de l’autisme repose sur des observations cliniques réalisées par des professionnels de la santé.
Kenvue se défend en affirmant être « profondément préoccupée par la perpétuation de fausses informations sur la sécurité de l’acétaminophène et l’impact potentiel que cela pourrait avoir sur la santé des femmes et des enfants américains ». L’entreprise précise qu’elle a « continuellement évalué les données scientifiques pertinentes et qu’aucune donnée crédible ne démontre un lien prouvé entre la prise d’acétaminophène et l’autisme ». Le Collège américain des obstétriciens et gynécologues (ACOG) soutient également que l’acétaminophène reste une option importante pour traiter la douleur et la fièvre pendant la grossesse, soulignant qu’aucune étude fiable n’a établi de lien entre son utilisation et des troubles du développement neurologique.