Publié le 24 octobre 2025 15:09:00. Des bouleversements familiaux, comme un divorce ou une séparation, pourraient tripler le risque qu’un enfant développe plus tard dans sa vie du psoriasis, une maladie auto-immune de la peau, selon une étude suédoise.
- Le stress intense vécu durant l’enfance, notamment lors de changements familiaux majeurs, est associé à un risque accru de psoriasis.
- Les enfants ayant vécu une séparation ou un divorce parental durant leur première année de vie présentent un risque particulièrement élevé.
- Cette étude souligne l’importance de protéger les jeunes enfants des facteurs de stress susceptibles d’affecter leur système immunitaire.
Une nouvelle étude menée par des chercheurs suédois révèle un lien significatif entre les traumatismes émotionnels vécus durant l’enfance et le développement du psoriasis à l’âge adulte. Les résultats, publiés dans le Journal de dermatologie d’investigation, suggèrent que le stress précoce peut avoir des conséquences durables sur le système immunitaire.
L’étude a suivi plus de 16 000 enfants participant à une vaste étude sur la santé en Suède, en enregistrant les événements stressants de leur vie à l’âge de 1, 3, 5 et 8 ans. Parmi ces enfants, 121 ont reçu un diagnostic de psoriasis par la suite. Les chercheurs ont constaté que ceux qui avaient vécu un changement important dans la structure familiale au cours de leur première année de vie présentaient un risque trois fois plus élevé de développer la maladie.
Le psoriasis est une maladie cutanée auto-immune caractérisée par une prolifération rapide des cellules de la peau, entraînant des plaques rouges, squameuses et souvent prurigineuses. Les causes exactes du psoriasis restent mal comprises, mais on sait qu’il existe une composante génétique et que des facteurs environnementaux peuvent jouer un rôle.
Selon le professeur Johnny Ludvigsson, de l’Université de Linköping en Suède, et principal auteur de l’étude :
« Nos résultats montrent – à notre connaissance – un fait inédit selon lequel des facteurs de vie très stressants au début de la vie influencent le système immunitaire et augmentent le risque de maladies auto-immunes telles que le psoriasis. »
Il ajoute :
« Il n’existe pas de conseils simples pour éviter ces facteurs, mais tout ce qui peut être fait doit être fait pour protéger les jeunes enfants des facteurs stressants de la vie qui menacent leur sécurité et leur bien-être émotionnel. »
Les chercheurs expliquent que le divorce, la séparation ou le décès d’un parent peuvent engendrer un sentiment d’insécurité et de peur chez un jeune enfant, le rendant plus vulnérable aux effets immunomodulateurs du stress. Ils suggèrent que le stress précoce pourrait entraîner une augmentation des niveaux de cortisol, une hormone liée à la réponse au stress, qui à son tour peut influencer le système immunitaire.
Le Dr Luigi Naldini, professeur de tissus cellulaires et de biologie à l’université San Raffaele de Milan, qui n’a pas participé à l’étude, souligne l’importance de ces découvertes :
« La présente étude suggère que l’histoire du psoriasis ne s’écrit pas uniquement dans les gènes et les circuits immunitaires. Cela peut également être façonné par des expériences vécues, dès le début de la vie. »
Pour en savoir plus sur le psoriasis, vous pouvez consulter le site de la National Psoriasis Foundation.
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