Publié le 4 novembre 2025. Souvent mal compris et victime de sa réputation, le putois d’Europe est un prédateur discret mais essentiel à l’équilibre des écosystèmes. Un documentaire Arte lève le voile sur la vie de ce petit mammifère, de ses techniques de chasse à ses rituels amoureux.
- Le putois d’Europe, présent en Belgique et sur l’ensemble du continent, est un carnivore opportuniste qui régule les populations de petits animaux.
- Sa parade nuptiale est un rituel complexe impliquant des signaux olfactifs, des postures de soumission et des jeux de poursuite pouvant durer plusieurs heures.
- L’espèce est intégralement protégée en Wallonie, mais son nombre diminue en raison de la destruction des zones humides et d’autres facteurs.
Le putois d’Europe est un animal qui ne laisse personne indifférent. « Au village, sans prétention, j’ai mauvaise réputation. Je ne fais pourtant de tort à personne… », pourrait-il chanter avec Brassens. Pourtant, derrière cette image tenace d’une odeur désagréable se cache un prédateur méconnu, dont la vie reste largement à découvrir.
Ce petit mammifère carnivore, appartenant à la famille des mustélidés, est en réalité rarement observé et encore moins filmé. Le documentaire diffusé ce mardi 5 novembre à 16h40 sur Arte, et tourné en Espagne, propose une plongée au cœur de son univers, révélant ses impitoyables techniques de chasse et ses comportements surprenants.
Le putois d’Europe se distingue par ses glandes anales, capables de projeter un liquide nauséabond en aérosol lorsqu’il se sent menacé ou qu’il marque son territoire. Mais ce n’est pas là son seul atout. Carnivore opportuniste, il se nourrit d’une grande variété de proies : petits mammifères, lapins, oiseaux, amphibiens, œufs, reptiles, rongeurs et invertébrés. En régulant leurs populations, il joue un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes. Sa présence est également un indicateur précieux de la qualité des milieux humides.
La vie amoureuse du putois est loin d’être monotone. À la saison des amours, cet animal nocturne et solitaire se livre à un rituel d’accouplement singulier. Le mâle et la femelle échangent des signaux olfactifs et des phéromones. Le mâle renifle intensément la femelle, adoptant des postures de soumission ou de domination. La parade inclut souvent des courses, des sauts et des roulades, permettant aux partenaires de tester leur compatibilité. L’acte d’accouplement peut ensuite durer plusieurs heures, car la femelle ne libère ses ovules qu’après une stimulation prolongée.
Après l’accouplement, les partenaires se séparent. Le mâle retourne à sa vie solitaire, tandis que la femelle élève et nourrit seule ses petits. Chaque jour, elle leur apporte des proies fraîches. En période d’abondance, les putois se constituent des réserves, allant jusqu’à stocker des proies vivantes dans leur terrier après les avoir mutilées pour les empêcher de s’échapper.
En Wallonie, l’espèce de putois est relativement bien représentée, mais elle connaît un déclin important, à l’image de ce qui se passe dans les pays voisins. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : destruction des zones humides, intensification agricole, collisions routières, concurrence d’espèces exotiques envahissantes, chasse et piégeage. Le putois est aujourd’hui une espèce intégralement protégée, inscrite à une directive européenne, et son signalement est obligatoire. Depuis 2021, il a été retiré de la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), interdisant ainsi son piégeage et sa chasse systématique.
Le saviez-vous ?
• Le nom « putois » vient du latin « putor », qui signifie odeur nauséabonde.
• On confond souvent le putois avec la moufette (photo ci-dessous), sa cousine d’Amérique du Nord, très présente dans les dessins animés, notamment « Bambi ».
Getty Images
• L’expression « crier comme un putois » fait référence aux cris perçants et stridents que pousse le petit mustélidé lorsqu’il est en danger.
Cet article est paru dans le Télépro du 30 octobre 2025
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