Les marchés de l’énergie sont tiraillés entre des prévisions météorologiques hivernales rigoureuses aux États-Unis et une confiance persistante dans l’équilibre global de l’offre et de la demande. Cette situation crée une volatilité notable, notamment sur le marché du gaz naturel, tandis que le pétrole reste confiné dans une fourchette de prix étroite.
Plus de 210 millions d’Américains sont attendus à subir des températures dangereusement basses cette semaine, avec un refroidissement éolien affectant plus de 150 millions de personnes, selon Fox Weather. Malgré cette vague de froid arctique, l’espoir d’un temps plus clément pour les fêtes de fin d’année maintient les prix du gaz naturel sous pression et les échanges hésitants.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés (OPEP+) ont augmenté leur production à 43,06 millions de barils par jour en novembre, soit une hausse de 43 000 barils par jour par rapport au mois précédent, conformément à leur accord de production. L’OPEP+ prévoit une demande moyenne de 43 millions de barils par jour en 2026, un chiffre stable par rapport au mois dernier et proche de leur production de novembre.
Selon un calcul de Reuters basé sur le rapport de l’OPEP, si l’OPEP+ maintenait son rythme de production de novembre en 2026, l’offre dépasserait la demande de 60 000 barils par jour. Cela suggère que les affirmations de l’OPEP concernant un marché fondamentalement équilibré pourraient être justifiées, bien que l’équilibre reste fragile.
Par ailleurs, les tensions géopolitiques continuent d’influencer les marchés. Le Wall Street Journal a révélé que la saisie par l’administration Trump d’un pétrolier vénézuélien rempli de pétrole brut a porté un coup sévère au régime de Nicolás Maduro, bien plus que les opérations antérieures contre des navires soupçonnés de trafic de drogue. L’argent provenant du pétrole est vital pour Maduro, son entourage et le Venezuela, où les ventes de pétrole représentent plus de 90 % des revenus d’exportation.
La multiplication des saisies de pétroliers, ou même leur simple menace, crée une crise croissante pour le Venezuela, l’obligeant à brader son pétrole à un nombre limité d’acheteurs, dont la Chine, et à puiser dans ses réserves de change pour lutter contre l’inflation. Le pétrolier saisi mercredi transportait pour environ 80 millions de dollars de pétrole, ce qui représente 5 % des importations mensuelles du Venezuela, soulevant la perspective de pénuries, selon le Journal.
Malgré ces facteurs, le marché pétrolier reste bloqué dans une fourchette de prix étroite. Les stocks flottants importants ne compensent pas le fait que les réserves américaines sont actuellement inférieures à la moyenne saisonnière. De plus, le pétrole libéré des réserves stratégiques n’a pas significativement augmenté l’offre globale. Une augmentation de la demande pourrait donc rapidement entraîner un déficit.
À ce stade, le marché semble mieux absorber les risques géopolitiques grâce à une offre abondante et une confiance accrue dans les politiques de l’administration Trump. Le marché du gaz naturel, en revanche, reste particulièrement sensible aux prévisions météorologiques, les perspectives pour le week-end de janvier étant cruciales après la douceur observée pendant les fêtes de Noël. L’impact des vagues de froid arctique sur la production reste également un élément important à surveiller.