Publié le 16 janvier 2026 à 03h07. Le régime iranien est accusé d’extorquer des sommes considérables aux familles des victimes des récentes manifestations, conditionnant la restitution des corps à des paiements pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros.
- Les familles sont contraintes de payer des sommes allant jusqu’à 6 000 euros pour récupérer les corps de leurs proches décédés lors des manifestations.
- Certaines autorités de morgues demandent aux familles de déclarer que les décès sont dus à des manifestants pour éviter de lourdes sommes.
- Ces pratiques surviennent dans un contexte d’inflation galopante et de contestation croissante contre le régime iranien.
Selon des témoignages recueillis par la BBC, les autorités iraniennes exigent des sommes importantes aux familles souhaitant récupérer les corps de leurs proches tués lors des récents soulèvements. Une famille de la ville de Rasht, dans le nord du pays, a ainsi dû débourser plus de 4 200 euros pour obtenir le corps d’un membre de sa famille. À Téhéran, la famille d’un ouvrier du bâtiment a même été contrainte de payer près de 6 000 euros, et s’est vue refuser la restitution du corps faute de ressources financières.
La BBC rapporte que dans certaines morgues, les proches des victimes sont soumis à une forme d’extorsion. S’ils acceptent d’attribuer la mort de leur enfant à des actions de manifestants, ils peuvent éviter de payer des sommes exorbitantes. Un témoin a déclaré :
« On nous a également demandé de participer à une manifestation pro-gouvernementale. Nous avons refusé. »
Proche d’une victime (BBC)
Ces événements se déroulent dans un contexte de forte tension sociale en Iran, où les manifestations ont débuté il y a plus de deux semaines en raison de l’inflation galopante qui rend la vie de plus en plus difficile pour de nombreux Iraniens. La contestation s’est ensuite étendue à une remise en question plus large du régime.
L’ancien président américain Donald Trump avait auparavant menacé d’intervenir en Iran si le pays continuait à réprimer les manifestants. La Maison Blanche a affirmé hier que le régime avait suspendu 800 exécutions sous la pression de Trump, une information qui n’a pu être vérifiée de manière indépendante. L’accès des journalistes à l’Iran étant fortement limité, il est difficile d’obtenir des informations fiables sur la situation sur place.
Au moins deux mille personnes auraient été tuées lors de la répression des manifestations, selon des sources non précisées. Les corps seraient détenus dans des morgues et des hôpitaux à travers le pays.
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