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Le retard technologique de la Chine par rapport aux États-Unis se mesure en nanosecondes, les restrictions à l’exportation sont plus dommageables – Lente.lv

Publié le 17 octobre 2024 02:43:00. Le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, estime que la Chine rattrape rapidement les États-Unis dans le domaine des semi-conducteurs et plaide pour un assouplissement des restrictions commerciales américaines, arguant qu’elles nuisent finalement…

Le retard technologique de la Chine par rapport aux États-Unis se mesure en nanosecondes, les restrictions à l’exportation sont plus dommageables – Lente.lv

Publié le 17 octobre 2024 02:43:00. Le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, estime que la Chine rattrape rapidement les États-Unis dans le domaine des semi-conducteurs et plaide pour un assouplissement des restrictions commerciales américaines, arguant qu’elles nuisent finalement aux intérêts américains.

  • Jensen Huang considère que la Chine n’est plus qu’à quelques « nanosecondes » des États-Unis en matière de production de puces.
  • NVIDIA espère reprendre les livraisons de ses accélérateurs d’intelligence artificielle (IA) H20 en Chine, malgré les restrictions à l’exportation.
  • La Chine investit massivement dans son autosuffisance en matière de semi-conducteurs, avec des entreprises comme Huawei qui développent des alternatives aux puces NVIDIA.

Jensen Huang, le PDG de NVIDIA, a exprimé publiquement son opinion selon laquelle la Chine est sur le point de dépasser les États-Unis dans le secteur crucial des semi-conducteurs. Il a souligné la rapidité et l’efficacité des ingénieurs chinois, les décrivant comme des concurrents « forts, innovants, avides de réussite, rapides et peu réglementés ». Il a également évoqué la culture de travail intense qui prévaut dans de nombreuses entreprises chinoises, notamment le modèle du « 9-9-6 » – travailler de 9 heures du matin à 9 heures du soir, six jours par semaine.

Selon Huang, maintenir un accès au marché chinois pour des entreprises comme NVIDIA est essentiel pour les États-Unis. Il estime que cela favorise la diffusion de la technologie américaine et renforce son influence géopolitique. Il a déclaré :

« Ils disent ouvertement qu’ils veulent voir la Chine comme un marché ouvert, ils veulent que les entreprises viennent et soient compétitives… et je crois et j’espère que nous y reviendrons. »

Jensen Huang, PDG de NVIDIA

NVIDIA cherche activement à contourner les restrictions américaines à l’exportation, qui ont interrompu les livraisons de ses accélérateurs d’IA H20. Bien que le ministère américain du Commerce ait commencé à accorder des licences pour certaines expéditions en août, l’entreprise travaille déjà sur la prochaine génération de cette puce, conçue pour répondre aux exigences actuelles tout en offrant des performances supérieures. Il s’agirait de la deuxième adaptation de NVIDIA de son accélérateur d’IA pour le marché chinois, après l’interdiction des modèles A100 et H100.

Parallèlement, la Chine intensifie ses efforts pour atteindre l’autosuffisance dans le domaine des semi-conducteurs. Huawei a récemment commencé à expédier en masse ses systèmes de supercalculateurs Atlas 900 A3 SuperPoD, basés sur ses propres puces Ascend 910B. L’entreprise a présenté un plan de développement ambitieux jusqu’en 2027, prévoyant le lancement d’une nouvelle génération de processeurs Ascend, dont les performances pourraient égaler, voire dépasser, celles des produits concurrents. Ces systèmes sont spécifiquement conçus sans support CUDA, la plateforme de programmation de NVIDIA, et sont optimisés pour les logiciels développés en Chine.

Cette progression représente un défi majeur pour la position dominante de NVIDIA, qui contrôlait auparavant, selon Huang, 95 % du marché chinois des puces d’IA. Les géants technologiques chinois, tels que Baidu, Alibaba, Tencent et ByteDance, investissent massivement dans le développement de leurs propres processeurs, soit en interne, soit en soutenant des start-up spécialisées. Tencent, par exemple, a annoncé une adaptation complète de son infrastructure pour fonctionner avec des processeurs locaux.

Selon des sources d’information, NVIDIA et AMD pourraient céder 15 % des revenus générés par leurs ventes de puces d’IA en Chine aux États-Unis, une proposition qui aurait été confirmée par Donald Trump. NVIDIA semble donc adopter une stratégie visant à maintenir sa présence en Chine, en cherchant un équilibre délicat entre les impératifs géopolitiques et les opportunités commerciales. Même si la puce H20 est moins performante que les dernières innovations de NVIDIA, elle permet aux entreprises chinoises de rester intégrées à son écosystème, du moins pour l’instant.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.