Le roi Mohammed VI a présidé l’ouverture de la première session de la 12e législature à Rabat, traçant le cap pour le nouveau gouvernement et la majorité parlementaire issus des élections du 23 septembre. Le souverain a mis l’accent sur la souveraineté stratégique, la jeunesse et la coopération internationale.
La rentrée parlementaire de cette année s’est ouverte dans un climat politique marqué par le renouvellement de la Chambre des représentants. Prévu par l’article 65 de la Constitution, ce rendez-vous annuel a réuni les membres des deux Chambres du Parlement au siège de l’institution à Rabat.
Le roi Mohammed VI était accompagné pour l’occasion du prince héritier Moulay El Hassan, du prince Moulay Rachid et du prince Moulay Ahmed. Le roi a été accueilli au Parlement par un salut aux couleurs nationales sur les notes de l’hymne national, suivi d’une inspection d’un détachement de la Garde Royale qui lui rendait les honneurs. Après la lecture de versets du Saint Coran, le roi a prononcé son allocution devant les membres de la Chambre des Représentants et de la Chambre des Conseillers.
À son arrivée, le souverain a salué les couleurs nationales avant de passer en revue un détachement de la Garde Royale.

Le secteur privé sommé de porter l’investissement
Dans son allocution, le souverain a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre la croissance macroéconomique et les retombées concrètes sur la population. Le secteur privé est ainsi appelé à se positionner en acteur moteur de la transformation industrielle, de l’investissement et de l’exportation.
L’appel direct adressé aux entreprises demande une plus grande audace entrepreneuriale pour soutenir l’emploi et la création de valeur durable. Le Souverain a également insisté pour que les questions relatives à la jeunesse soient placées en tête des priorités des politiques publiques et de la gouvernance, à travers une approche globale englobant l’éducation, la formation professionnelle et l’insertion économique.
Madrid interpellé sur la gestion des mineurs et de l’asile
Le volet international de l’allocution royale a particulièrement ciblé la coopération en matière de migration. Tout en saluant les résultats de l’approche équilibrée du Royaume, le souverain a jugé que le modèle actuel de partenariat avec les pays voisins avait atteint ses limites.
Pointant des dispositions juridiques obsolètes et des décisions judiciaires déconnectées de la réalité, le roi a déploré les blocages persistants concernant le rapatriement des mineurs non accompagnés et des personnes usurpant le statut de demandeur d’asile.
« Face aux déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques et à leur instrumentalisation flagrante de la situation, Nous affirmons que le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire, qui ne saurait faire l’objet d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage. »
Le roi Mohammed VI, via Telquel
Pour renouveler ces bases, le souverain a annoncé la présentation prochaine d’un document stratégique destiné à formaliser une vision claire axée sur le codéveloppement et la stabilité régionale.

Le compte à rebours lancé pour le budget 2027
Alors que la cheffe de gouvernement désignée, Fatima Ezzahra El Mansouri, mène les consultations pour constituer la nouvelle majorité, le temps presse pour l’exécutif et le Parlement. La date limite du 20 octobre fixe le dépôt obligatoire du projet de loi de finances pour l’exercice 2027 auprès de la Chambre des représentants.
Ce texte devra préalablement suivre un parcours rigoureux comprenant son passage devant le Conseil des ministres et le Conseil de gouvernement. Pour la nouvelle équipe dirigeante, ce dépôt imminent constitue le premier grand examen de passage institutionnel de la douzième législature.
Comment la nouvelle majorité parviendra-t-elle à tenir le délai constitutionnel du 20 octobre pour le budget 2027 alors que la formation du gouvernement n’est pas encore achevée ?