Publié le 27 décembre 2025 à 00:26:00. Afin de relancer un accord commercial fragilisé avec les États-Unis, la famille royale britannique prépare une offensive diplomatique avec des visites séparées du roi Charles III et du prince William sur le sol américain en 2026.
- Le roi Charles III devrait se rendre aux États-Unis en avril 2026, pour une première visite d’un monarque britannique en plus de 15 ans.
- Le prince William effectuera également une visite distincte, prévue en marge de la Coupe du monde de football qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
- Ces voyages interviennent alors que Washington a suspendu un important investissement technologique britannique suite à des désaccords commerciaux.
La famille royale britannique se mobilise pour tenter de redresser une relation commerciale avec les États-Unis qui connaît des tensions. Des pourparlers sont en cours pour organiser une visite du roi Charles III dès le mois d’avril 2026, selon le Times. Il s’agirait de la première visite d’un monarque britannique régnant aux États-Unis depuis celle de la reine Elizabeth II en 2007, invitée par George W. Bush.
Parallèlement, le prince William devrait également effectuer une tournée américaine plus tard dans l’année, profitant de la Coupe du monde de football qui se tiendra du 11 juin au 19 juillet dans trois pays d’Amérique du Nord. En tant que président de la Fédération anglaise de football, il assistera notamment au troisième match de groupe de l’Angleterre, prévu le 27 juin dans le New Jersey.
Ces initiatives interviennent dans un contexte de refroidissement des relations commerciales entre Londres et Washington. Le gouvernement américain a récemment suspendu la mise en œuvre d’un accord de 31 milliards de livres sterling (environ 36,5 milliards d’euros) dans le secteur technologique, initialement salué comme un “changement générationnel” par Keir Starmer, le chef de l’opposition britannique, lors de la visite d’État de Donald Trump. Cet accord prévoyait des investissements massifs d’entreprises américaines comme Microsoft (22 milliards de livres sterling) et Google (5 milliards de livres sterling) au Royaume-Uni.
Washington justifie sa décision par le manque de progrès du Royaume-Uni dans la réduction des barrières commerciales. Les négociateurs américains se montrent particulièrement frustrés par la lenteur des discussions concernant un accord commercial plus large, annoncé en mai 2025, qui avait permis à la Grande-Bretagne d’éviter des droits de douane punitifs de 20 % imposés par l’administration Trump à d’autres pays. La taxe britannique sur les services numériques, contestée par les géants de la technologie américains, et l’accès limité au marché britannique pour les produits agricoles américains sont au cœur des désaccords.
Downing Street assure que des “conversations actives” sont toujours en cours avec les États-Unis, tout en reconnaissant la complexité des négociations. La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, accompagnera probablement le roi Charles III lors de sa visite, en l’absence du Premier ministre.
L’histoire rappelle que lors du bicentenaire de l’indépendance américaine en 1976, la reine Elizabeth II et le prince Philip avaient également effectué une visite officielle à Philadelphie, Washington DC et New York, où ils avaient été accueillis par le président Gerald Ford lors d’un dîner d’État. La reine avait alors souligné l’évolution des relations entre les deux pays :
« Cette année, nous sommes allés en Amérique pour participer aux célébrations du bicentenaire. Qui aurait pensé il y a 200 ans qu’un descendant du roi George III aurait pu prendre part à ces célébrations ? Pourtant, ce même roi a été parmi les premiers à reconnaître que les vieux comptes doivent être réglés et les différends réconciliés. »
Reine Elizabeth II
Le palais de Buckingham n’a pas souhaité commenter les détails de ces futurs voyages royaux.
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