Publié le 29 septembre 2023. Les maladies du foie sont en forte augmentation, et les études récentes confirment que même une consommation modérée d’alcool peut être nocive pour la santé hépatique, soulignant la nécessité d’une approche de santé publique plus rigoureuse.
- Une hausse significative des maladies du foie est observée ces dernières années.
- Même une consommation d’alcool considérée comme « modérée » peut engendrer des dommages pour la santé.
- Les politiques de contrôle de l’alcool, telles que l’augmentation des taxes et la limitation de la disponibilité, sont des mesures efficaces pour réduire la consommation et protéger le foie.
Le foie, organe vital pour le métabolisme, le stockage des nutriments, la coagulation sanguine et le système immunitaire, est de plus en plus menacé. L’alcool, métabolisé principalement par le foie, peut provoquer une inflammation (hépatite) et, à terme, une cirrhose, voire un cancer du foie. Si les buveurs excessifs sont particulièrement à risque, les recherches actuelles démontrent que même une consommation régulière et modérée peut avoir des conséquences néfastes, surtout en présence d’autres facteurs de risque.
Les maladies hépatiques liées à l’alcool (ALD) ont connu une augmentation spectaculaire au Canada et aux États-Unis au cours des deux dernières décennies. Entre 2016 et 2022, les décès attribuables aux maladies hépatiques d’origine alcoolique ont augmenté de 22 % au Canada. Cependant, l’alcool n’est pas le seul responsable de cette hausse. Une autre affection, la maladie hépatique stéatotique associée au dysfonctionnement métabolique (MASLD), est en plein essor, liée à l’augmentation du surpoids, de l’obésité et du manque d’activité physique. On peut considérer la MASLD comme l’équivalent hépatique du diabète.
L’hépatite C, infection virale transmise par le sang, contribue également de manière significative aux maladies du foie et à la cirrhose. Des études récentes montrent que l’alcool peut aggraver la progression des maladies hépatiques, même celles initialement considérées comme non alcooliques, comme la MASLD et l’hépatite C. Une étude menée sur des patients atteints de MASLD a révélé une relation directe entre la quantité d’alcool consommée et la gravité de l’inflammation et de la fibrose hépatique. De même, une augmentation de seulement un verre par jour chez les patients atteints d’hépatite C est associée à une augmentation de 11 % du risque de cirrhose.
Face à cette situation préoccupante, il est crucial d’agir à plusieurs niveaux. D’une part, il est nécessaire de renforcer le dépistage de la consommation d’alcool dans les soins primaires, de proposer des interventions de conseil aux personnes présentant des habitudes de consommation à risque et d’améliorer l’accès aux traitements pour les troubles liés à l’alcool. D’autre part, des mesures de santé publique sont indispensables pour réduire la consommation d’alcool à l’échelle de la population. Cela passe par des politiques de contrôle de l’alcool qui rendent l’alcool plus cher (taxes, prix minimum), moins disponible (restrictions sur les heures de vente et le nombre de points de vente) et moins attrayant socialement (limites à la publicité et au sponsoring).
Des recherches antérieures ont démontré que les États adoptant des politiques plus restrictives en matière d’alcool présentent des taux de mortalité liés aux ALD plus faibles. Une augmentation de 5 % de la restriction des politiques sur l’alcool a même été associée à une réduction ultérieure des décès par ALD. La protection du foie est un enjeu de santé publique majeur, et une action collective est nécessaire pour réduire la consommation d’alcool et préserver la santé de la population.
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