Publié le 23 novembre 2025 à 19h20. La marine britannique a intensifié sa surveillance de la Manche et des eaux avoisinantes, interceptant des navires russes dans un contexte de montée des tensions et d’inquiétudes concernant les infrastructures sous-marines.
- La marine britannique a intercepté une corvette russe et un navire-citerne dans la Manche.
- L’activité navale russe près des eaux britanniques a augmenté de 30 % au cours des deux dernières années.
- Londres accuse un navire espion russe d’avoir pointé des lasers sur des pilotes britanniques.
La Grande-Bretagne a renforcé sa présence navale et aérienne pour surveiller les activités russes dans les eaux européennes, notamment dans la Manche et l’Atlantique Nord. Récemment, le navire britannique HMS Severn a localisé et escorté la corvette russe RFN Stoikiy et son navire-citerne de soutien lors de leur passage dans la Manche, avant de transférer la surveillance à un allié des États-Unis au large des côtes bretonnes, selon le ministère britannique de la Défense.
Cette intensification de la surveillance s’inscrit dans un contexte d’augmentation significative de l’activité navale russe près des eaux britanniques. Le ministère de la Défense a fait état d’une hausse de 30 % de cette activité au cours des deux dernières années. Parallèlement, trois avions de patrouille Poseidon ont été déployés en Islande dans le cadre d’une mission de l’OTAN visant à suivre les navires et sous-marins russes dans l’Atlantique Nord et l’Arctique.
La Manche, bien que constituant un passage étroit d’eaux internationales en dehors de la juridiction française et britannique, est surveillée de près. Le détroit du Pas de Calais en fait également un point de passage stratégique, régi par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
Les tensions se sont accrues ces derniers jours avec des accusations portées contre le navire espion russe Yantar. Le secrétaire à la Défense, John Healey, a rapporté que ce navire avait pointé des lasers sur des pilotes d’avions de surveillance britanniques qui surveillaient ses activités près des côtes écossaises.
« Cette action est imprudente et dangereuse. Nous vous voyons. Nous savons ce que vous faites. »
John Healey, secrétaire à la Défense britannique
Healey a souligné que le Yantar faisait partie d’une flotte russe conçue pour menacer les infrastructures sous-marines de la Grande-Bretagne et de ses alliés, en référence aux attaques contre des oléoducs et des câbles sous la mer Baltique survenues plus tôt cette année.
L’ambassade de Russie à Londres a réagi en accusant le gouvernement britannique de fomenter « l’hystérie militariste » et en assurant que Moscou n’avait aucun intérêt à porter atteinte à la sécurité du Royaume-Uni. Cette position contraste avec les préoccupations exprimées par les autorités britanniques, qui considèrent le Yantar comme une menace potentielle, tant en temps de paix qu’en temps de conflit, en raison de ses capacités de surveillance sous-marine et de sabotage.
Sur le plan de la politique de défense, Healey a défendu une augmentation des dépenses militaires, en prévision de la présentation du nouveau budget gouvernemental. Il a annoncé son intention de construire au moins six nouvelles usines de munitions dans différentes régions du pays, avec un investissement de 1,5 milliard de livres sterling (environ 2 milliards de dollars américains) pour garantir l’approvisionnement des forces armées en explosifs, propulseurs et poudre à canon. Le Premier ministre Keir Starmer a également réaffirmé son engagement à augmenter les dépenses de défense, même si le gouvernement est confronté au défi d’équilibrer ces investissements avec la nécessité d’augmenter les impôts et de réduire d’autres dépenses pour combler un déficit budgétaire de plusieurs milliards d’euros.
Le contexte international ajoute une pression supplémentaire sur la stratégie de défense britannique. Outre la menace russe, le Royaume-Uni identifie des risques provenant de la Chine et de l’Iran, ainsi que les tensions au Moyen-Orient et entre l’Inde et le Pakistan. En réponse, le gouvernement britannique s’est engagé à porter ses dépenses de défense à 5 % du produit intérieur brut d’ici 2035, conformément aux objectifs de l’OTAN. Cet engagement comprend 3,5 % du PIB pour les dépenses de défense de base et 1,5 % supplémentaire pour des projets d’infrastructure visant à renforcer la sécurité nationale.
Face à ce scénario complexe, les autorités britanniques insistent sur la nécessité d’adapter la politique de défense à une réalité marquée par des menaces persistantes et multiformes. Le gouvernement maintient que la réponse doit combiner le renforcement militaire, la coopération avec les alliés et une diplomatie ferme pour protéger les intérêts du Royaume-Uni et de ses partenaires internationaux.
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