Publié le 7 janvier 2026 14:23:00. Une simple évaluation du risque cardiovasculaire, déjà couramment utilisée en médecine générale, pourrait prédire l’apparition de maladies oculaires graves plusieurs années à l’avance, selon une nouvelle étude de l’UCLA Health. Cette découverte ouvre la voie à un dépistage précoce et à des interventions préventives pour protéger la vue de millions de personnes.
- Les personnes présentant un risque cardiovasculaire élevé sont significativement plus susceptibles de développer des affections telles que la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la rétinopathie diabétique, le glaucome, l’occlusion veineuse rétinienne et la rétinopathie hypertensive.
- L’étude a analysé les données de santé de près de 36 000 adultes et a révélé que le score de risque cardiovasculaire est particulièrement performant pour prédire la rétinopathie diabétique, la rétinopathie hypertensive et la DMLA.
- Cette approche pourrait permettre d’identifier les patients à risque sans nécessiter de tests supplémentaires, en utilisant des informations déjà disponibles dans leur dossier médical.
Des maladies oculaires graves, souvent silencieuses dans leurs premiers stades, sont responsables de la perte de vision chez des millions de personnes. L’identification précoce des individus vulnérables est donc cruciale pour mettre en place des mesures préventives et éviter une déficience visuelle irréversible. L’étude de l’UCLA Health suggère que le risque cardiovasculaire pourrait être un indicateur précieux pour cibler les efforts de dépistage.
Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux électroniques de 35 909 adultes âgés de 40 à 79 ans ayant participé au programme de recherche “All of Us” entre 2009 et 2015. Ils ont calculé le score de risque cardiovasculaire de chaque participant en utilisant des données standard telles que le taux de cholestérol, la tension artérielle, le statut tabagique et la présence de diabète. Les participants ont ensuite été répartis en quatre groupes de risque : faible (moins de 5 %), limite (5 à 7,4 %), intermédiaire (7,5 à 19,9 %) et élevé (20 % ou plus). L’équipe a suivi l’évolution de ces patients sur plusieurs années pour déterminer l’incidence des maladies oculaires, en tenant compte de facteurs tels que l’origine ethnique, l’indice de masse corporelle, les maladies rénales et le niveau d’éducation.
Les résultats ont démontré une corrélation forte entre le risque cardiovasculaire et la probabilité de développer une maladie oculaire. Les adultes du groupe à haut risque étaient 6,2 fois plus susceptibles de développer une DMLA, 5,9 fois plus susceptibles de développer une rétinopathie diabétique, 4,5 fois plus susceptibles de développer une rétinopathie hypertensive, 3,4 fois plus susceptibles de développer une occlusion veineuse rétinienne et 2,3 fois plus susceptibles de développer un glaucome, par rapport à ceux du groupe à faible risque. Ces associations sont restées significatives sur une période de suivi allant de cinq à sept ans.
Selon les chercheurs, les médecins généralistes pourraient utiliser les scores de risque cardiovasculaire existants pour identifier les patients qui pourraient bénéficier d’un examen ophtalmologique plus approfondi. Des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer la fréquence et le moment optimaux de ces examens, ainsi que pour évaluer l’efficacité d’une intervention précoce basée sur le risque cardiovasculaire pour prévenir la perte de vision. L’intégration de cette approche dans les systèmes de dossiers médicaux électroniques pourrait faciliter son application à grande échelle.
« Nous avons constaté qu’un simple score, déjà calculé lors de millions de consultations médicales chaque année, peut prédire de manière significative qui développera des maladies oculaires graves. »
Dr. Anne L. Coleman, auteur principal de l’étude et présidente du département d’ophtalmologie de l’UCLA Health
Article : Risque cardiovasculaire et santé oculaire : une étude de cohorte prospective des équations de cohorte regroupées et de l’incidence des maladies oculaires. Ophtalmologie, 29 décembre 2025.
Composition de l’équipe de recherche : Deyu Sun (École de médecine David Geffen, UCLA), Victoria L. Tseng (École de médecine David Geffen et Stein et Doheny Eye Institutes, UCLA), Fei Yu (École de médecine David Geffen, Stein et Doheny Eye Institutes et Fielding School of Public Health, UCLA), Anne L. Coleman (David Geffen School of Medicine, Stein et Doheny Eye Institutes et Fielding School of Public Santé, UCLA).
Financement et déclarations : Cette recherche a été financée par une subvention sans restriction de la recherche pour prévenir la cécité au département d’ophtalmologie de l’UCLA. La Dre Victoria L. Tseng a reçu le prix de développement de carrière en recherche pour prévenir la cécité et le prix de l’American Academy of Ophthalmology pour la recherche sur le registre IRIS. Le sponsor ou l’organisme de financement n’a joué aucun rôle dans la conception ou la conduite de cette recherche. Les auteurs ne rapportent aucune relation conflictuelle.
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