Publié le 18 décembre 2025 19:01:00. Une équipe de chercheurs australiens a identifié des « interrupteurs » génétiques qui contrôlent le fonctionnement des astrocytes, des cellules cérébrales clés, ouvrant de nouvelles perspectives dans la compréhension et le traitement de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.
- Des chercheurs de l’UNSW Sydney ont découvert 150 « interrupteurs » génétiques influençant l’expression des gènes dans les astrocytes.
- Une grande partie de ces interrupteurs contrôlent des gènes liés à la maladie d’Alzheimer.
- L’étude utilise la technologie CRISPRi et l’intelligence artificielle pour accélérer la recherche sur les régions non codantes de l’ADN.
Longtemps considéré comme un « ADN indésirable », les 98 % de notre génome qui ne contiennent pas de gènes sont désormais au centre de recherches prometteuses. Des scientifiques démontrent que ces zones, autrefois perçues comme inutiles, recèlent des secrets cruciaux pour comprendre des maladies complexes, notamment la maladie d’Alzheimer.
Cette découverte révolutionnaire, publiée dans la revue Natural Neuroscience, est le fruit du travail d’une équipe de l’UNSW Sydney. Les chercheurs ont mis en lumière le rôle des astrocytes, des cellules essentielles qui soutiennent les neurones et dont la dégénérescence est fortement impliquée dans les maladies neurodégénératives.
Alors que les gènes, qui ne représentent que 2 % de notre ADN, sont souvent considérés comme les « briques » de notre corps, le reste de notre génome agit comme une unité de commande électrique complexe. Il contient des éléments régulateurs, appelés « boosters » (rehausseurs), qui déterminent quand et avec quelle intensité un gène doit s’activer. Identifier ces interrupteurs est un défi majeur, car ils peuvent se trouver à de grandes distances des gènes qu’ils contrôlent.
L’équipe dirigée par Nicole Vert et Irina Voineagu a relevé ce défi en analysant près de 1 000 interrupteurs potentiels dans des astrocytes humains cultivés en laboratoire. Grâce à la technologie CRISPRi, un outil de précision permettant de « désactiver » des sections d’ADN sans les couper, les chercheurs ont identifié environ 150 interrupteurs qui influencent directement l’expression génique. Une découverte surprenante a révélé qu’une proportion importante de ces interrupteurs contrôlent des gènes liés à la maladie d’Alzheimer.
« Passer de 1 000 candidats à 150 vrais interrupteurs réduit considérablement le domaine de recherche »
Nicole Vert
Le Dr Voineagu souligne que les mutations génétiques responsables de maladies telles que le diabète, l’hypertension et la maladie d’Alzheimer se trouvent souvent dans ces régions non codantes, jusqu’à présent peu explorées.
« Nous ne parlons pas encore de guérison immédiate, mais on ne peut pas réparer et ajuster si on ne comprend pas d’abord le schéma électrique. Cette étude nous offre enfin une vision approfondie des circuits de commande dans l’astrocyte. »
Irina Voineagu
Les données collectées par l’équipe ont été utilisées pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle, dont AlphaGenome de Google DeepMind, afin de prédire le comportement de l’ADN et d’économiser des années de tests en laboratoire.
L’espoir réside dans la médecine de précision. Ces interrupteurs étant spécifiques à certains types de cellules, il pourrait être possible, à l’avenir, d’agir uniquement sur les astrocytes malades sans affecter les neurones sains. Cette approche a déjà connu du succès dans le traitement de certaines maladies du sang, comme la drépanocytose, et pourrait désormais s’appliquer aux pathologies cérébrales.
Le chemin vers un traitement pour la maladie d’Alzheimer est encore long, mais cette recherche montre que la solution ne se trouve pas uniquement dans les gènes, mais aussi dans les régions « silencieuses » de l’ADN que nous avons trop longtemps considérées comme inutiles.
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