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Le secrétaire d’État de Trump a appelé Pablo Quirno pour discuter de la situation au Venezuela

Publié le 6 janvier 2026 à 23h53. Les États-Unis ont mené une opération militaire audacieuse au Venezuela, aboutissant à l'arrestation du président Nicolás Maduro, accusé de trafic de drogue, tandis que l'Argentine réaffirme son soutien à Washington dans…

Le secrétaire d’État de Trump a appelé Pablo Quirno pour discuter de la situation au Venezuela

Publié le 6 janvier 2026 à 23h53. Les États-Unis ont mené une opération militaire audacieuse au Venezuela, aboutissant à l’arrestation du président Nicolás Maduro, accusé de trafic de drogue, tandis que l’Argentine réaffirme son soutien à Washington dans la lutte contre le « narcoterrorisme ».

  • L’arrestation de Nicolás Maduro et son transfert aux États-Unis pour y être jugé.
  • Le renforcement de la coopération entre les États-Unis et l’Argentine en matière de sécurité régionale.
  • Les divergences entre la rhétorique officielle de Buenos Aires et la stratégie réelle de Washington concernant la transition politique au Venezuela.

L’administration Trump a confirmé avoir arrêté Nicolás Maduro dans le cadre d’une opération baptisée « Résolution Absolue », l’accusant de diriger un cartel de la drogue. Le président vénézuélien a été transféré sur le sol américain où il sera jugé à New York. Cette action militaire audacieuse a provoqué une onde de choc politique en Amérique latine et au-delà.

Le secrétaire d’État américain, Donald Atout, a discuté de la situation avec son homologue argentin, Pablo Quirno. Selon le Département d’État, Atout a remercié Quirno pour « la poursuite de la coopération de l’Argentine » dans la lutte contre le « narcoterrorisme » et pour « le renforcement de la sécurité dans notre région ». Cette coopération prend une nouvelle dimension après la publication par l’administration Trump d’une image évoquant la doctrine Monroe, avec le message sans ambiguïté : « C’est notre hémisphère. »

Si la stratégie actuelle, souvent qualifiée de « corollaire Trump » ou de « nouvelle doctrine Monroe », se concentre principalement sur les enjeux stratégiques, la dimension militaire reste prégnante, comme l’ont démontré les événements récents. L’opération au Venezuela a suscité des réactions mitigées sur la scène internationale, exacerbant les divisions déjà existantes.

Donald Trump a défendu fermement l’intervention au Venezuela, affirmant :

« Nous ne sommes pas en guerre avec le Venezuela. Nous sommes en guerre contre les gens qui vendent de la drogue. »

Donald Trump, président des États-Unis

. Ces déclarations interviennent alors que l’opération suscite des critiques au sein de la société américaine.

La communication entre Rubio et Quirno intervient dans un contexte de contradictions entre la position publique du gouvernement argentin et la ligne d’action suivie par l’administration Trump, un allié stratégique du président Javier Milei. Quelques heures après l’opération, le ministère argentin des Affaires étrangères a publié un communiqué saluant « la décision et la détermination » du gouvernement américain et qualifiant Nicolás Maduro de chef du « Cartel des Soleils », une organisation que l’Argentine a désignée comme terroriste en août 2025, en accord avec la stratégie hémisphérique de Trump et sa nouvelle doctrine de sécurité nationale qui place l’Amérique latine au cœur des préoccupations géopolitiques face à « l’ingérence chinoise et russe ».

Le texte exprime également l’espoir que les événements permettront « au peuple vénézuélien de recouvrer pleinement la démocratie » et que l’opposition, représentée par María Corina Machado, récemment lauréate du prix Nobel de la paix, et son dauphin politique, Edmundo González Urrutia, pourront prendre le contrôle du palais de Miraflores. Cependant, Trump a publiquement minimisé le rôle de Machado, la qualifiant de dirigeante « qui n’a ni respect ni soutien dans son propre pays » et donc incapable de mener à bien une transition.

Par ailleurs, Trump a évité de mentionner González Urrutia comme une alternative politique pour négocier la transition vénézuélienne, préférant laisser ce rôle à Delcy Rodríguez. Ce contraste révèle un décalage entre le discours officiel argentin, aligné sur son partenaire américain, et la véritable stratégie de la Maison Blanche.

Delcy Rodríguez mène les négociations avec les États-Unis pour la transition au Venezuela.

Des sources diplomatiques américaines indiquent que l’administration Trump envisage de poursuivre les négociations directement avec des éléments chavistes pour garantir une transition institutionnelle contrôlée, avec Rodríguez comme figure clé de ce processus, au milieu de luttes de pouvoir et d’accusations mutuelles au sein du camp chaviste.

Trois scénarios de transition au Venezuela

Dans une analyse publiée dans la revue Affaires étrangères, Juan S. González, ancien responsable de Joe Biden proche des cercles de pouvoir à Washington et Caracas, propose trois scénarios. Le premier est une transition gérée pacifiquement, possible mais non garantie, nécessitant des garanties de sécurité crédibles de la part de Trump pour « réintégrer » la société vénézuélienne polarisée et éviter une « punition généralisée ». Dans ce scénario, le pouvoir pourrait être concentré dans « une autorité intérimaire ou un arrangement technocratique acceptable pour les principaux acteurs nationaux, y compris les éléments de l’ancien régime et les forces armées ».

Le deuxième scénario est celui d’une continuité criminalisée, où la chute de Maduro n’impliquerait pas le démantèlement de la structure politique qui le soutenait. Selon González, le changement pourrait être purement formel, préservant « l’architecture coercitive et criminelle du régime », mais avec le risque de prolonger la migration, la corruption et la détérioration institutionnelle.

La troisième voie est celle d’une escalade et d’un enlisement, qui mettrait Trump dans une position délicate sur le plan intérieur. González met en garde contre le danger d’un « engagement progressif en matière de sécurité que les États-Unis n’ont jamais eu l’intention de prendre, mais qu’ils auront ensuite du mal à désarmer ». Selon lui, Washington se retrouverait coincé entre un retrait trop rapide, laissant le Venezuela dans le chaos, ou un maintien trop long, avec des coûts croissants en termes de légitimité et de ressources.

La manœuvre diplomatique de Marco Rubio avec ses alliés

Le tournant stratégique de Washington s’est dessiné avant même l’intervention militaire au Venezuela. Le 29 décembre, quelques jours avant l’opération, Rubio a rencontré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, pour discuter de la sécurité régionale, de la coopération énergétique et de la coordination entre alliés face aux menaces transnationales. Lors de cette réunion, le chef de la diplomatie américaine a souligné l’importance de « combattre l’antisémitisme » et de renforcer les partenariats clés pour garantir la stabilité mondiale, signe que la Maison Blanche donnait la priorité à un programme de sécurité global au-delà de l’Amérique latine.

La divergence entre Buenos Aires et Washington s’est également manifestée symboliquement. Milei s’est rendu à Oslo pour assister à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix à Machado, dans l’espoir d’une photo à fort impact international. Trump a annulé son voyage à la dernière minute et le dirigeant vénézuélien est arrivé en retard à la cérémonie, ruinant toute possibilité de geste commun.

Marco Rubio s'entretient avec le président Donald Trump lors d'une table ronde à la Maison Blanche le 8 octobre.

Marco Rubio, l’architecte de la politique étrangère de Donald Trump.

Après l’attaque américaine contre Caracas le 3 janvier, le gouvernement de Milei a réaffirmé son « soutien total » à Washington et a présenté la capture de Maduro comme une offensive contre le « socialisme du 21e siècle », s’alignant discursivement sur la rhétorique de Trump. Cette ligne a été maintenue lors d’une conversation entre les deux ministres des Affaires étrangères, qui a abordé l’opération du 3 janvier et la coopération bilatérale en matière de sécurité, sans toutefois aborder la conception politique de la transition au Venezuela.

« Le secrétaire Rubio a remercié le ministre des Affaires étrangères Quirno pour la coopération continue de l’Argentine pour lutter contre le narcoterrorisme et renforcer la sécurité dans notre région », indique le communiqué publié par le ministère américain des Affaires étrangères.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.