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Le SEE et l’ISCIII unissent leurs forces pour se concentrer une fois de plus sur l’éradication de la polio et de la rougeole.

Madrid, le 5 novembre 2025 – La lutte contre la poliomyélite et la rougeole a été au cœur d'une conférence majeure organisée aujourd'hui à l'Institut de Santé Carlos III, réunissant des experts de la santé publique pour faire…

Le SEE et l’ISCIII unissent leurs forces pour se concentrer une fois de plus sur l’éradication de la polio et de la rougeole.

Madrid, le 5 novembre 2025 – La lutte contre la poliomyélite et la rougeole a été au cœur d’une conférence majeure organisée aujourd’hui à l’Institut de Santé Carlos III, réunissant des experts de la santé publique pour faire le point sur les progrès et les défis persistants en matière d’éradication de ces maladies.

  • La conférence a souligné l’importance de maintenir une surveillance rigoureuse de la polio, notamment après la détection du virus dans les eaux usées.
  • Les participants ont mis en garde contre la résurgence de la rougeole, en particulier aux États-Unis où trois décès ont été recensés l’an dernier, et ont insisté sur la nécessité de lutter contre la désinformation vaccinale.
  • L’indépendance du groupe de travail sur la vaccination de la Société Espagnole d’Épidémiologie (SEE) vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique a été fermement affirmée.

L’Institut de Santé Carlos III (ISCIII) a accueilli ce matin la IXe Conférence sur les vaccinations de la Société Espagnole d’Épidémiologie (SEE). Placée sous le thème « Maladies soumises à des programmes d’élimination et d’éradication, situation actuelle et perspectives », la conférence a permis d’échanger sur deux enjeux sanitaires majeurs : la poliomyélite et la rougeole.

La table ronde inaugurale a rassemblé des figures clés de la santé publique : Juan Forz, président de la SEE ; José Luis Peñalvo, directeur du Centre national d’épidémiologie (CNE) ; Isabelle Jado, directrice générale adjointe de l’ISCIII ; et Pedro Gullón, directeur général de la Santé publique et de l’équité en santé du ministère de la Santé.

Des retrouvailles nécessaires et un appel à l’indépendance

Juan Forz, président de la SEE, a exprimé sa gratitude envers l’ISCIII et le CNE, soulignant une « longue histoire de collaboration ». Il a insisté sur l’indépendance du groupe de travail sur la vaccination de la SEE, un groupe « doté d’une longue expérience et d’une grande productivité, qui a collaboré à la Commission du ministère de la Santé pour le suivi de l’infection MEPOX ». Il a ajouté avec force :

« Nous sommes indépendants et ne recevons aucun soutien de l’industrie pharmaceutique. »

Juan Forz, président de la SEE

José Luis Peñalvo, du CNE, a rappelé l’importance de cette réunion dans un contexte où « des mouvements négationnistes et une désinformation massive refont surface ». Il a souligné que les vaccins sont « l’un des outils les plus sûrs, les plus efficaces et les plus bénéfiques pour protéger la santé collective ». Selon lui, la lutte contre la désinformation « nécessite de l’empathie, de la transparence et une communication fluide entre tous les acteurs ».

Isabel Jado a souligné que les défis actuels exigent de renforcer « nos systèmes de surveillance, la coopération internationale et l’équité en santé ».

Gullón : « Nous avons besoin d’un nouveau regard pour relancer ces programmes et affronter ces défis »

Pedro Gullón, formé à l’ISCIII et partenaire de la SEE, a reconnu qu’il y a une « surabondance de journées consacrées à la vaccination en raison de l’intérêt pour la prévention et des nombreux enjeux commerciaux liés aux nouvelles formes vaccinales ». Il a toutefois salué l’approche de la SEE, qui se concentre sur « les maladies que nous avons le potentiel d’éradiquer et pour lesquelles nous disposons déjà d’un outil puissant : la vaccination ».

Il a insisté sur la nécessité de « regarder un peu en arrière, de ne pas se laisser emporter par les prochaines étapes », mais plutôt de s’attaquer aux « étapes en suspens ».

Concernant la rougeole, Pedro Gullón a souligné que, bien que la maladie soit « très médiatisée », elle ne reçoit pas l’attention qu’elle mérite, alors que l’on observe « une augmentation des cas dans le monde ». Cela conduit les autorités sanitaires à s’interroger sur les schémas d’incidence en Espagne :

« Quel type de personnes sont touchées par la rougeole et quel rôle jouent les déterminants sociaux de la santé ? »

Pedro Gullón, directeur général de la Santé publique et de l’équité en santé

Il a souligné l’importance d’atteindre l’ensemble de la population.

La mondialisation nous impose de prendre en compte le fait que les cas « ne restent pas confinés à l’intérieur d’une frontière », ce qui pose de nouveaux défis en matière de santé publique pour protéger l’ensemble de la population.

Poliomyélite : une surveillance accrue après des « signaux d’alerte » dans les eaux usées

En ce qui concerne la poliomyélite, Pedro Gullón a reconnu que, bien que l’Espagne soit sur la bonne voie pour l’élimination de la maladie, il y a eu quelques « petites frayeurs ». « Nous avons détecté du poliovirus dans les eaux usées, ce qui nous a incités à repenser son origine et à mettre en place des stratégies de recherche très ciblées », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité pour le pays de rester vigilant en raison de sa grande diversité.

« Nous avons également besoin d’un nouveau regard pour parler à nouveau de ces programmes, pour avancer à nouveau dans ces programmes et pour identifier les défis que nous rencontrons, non seulement avec les innovations technologiques, mais aussi avec les programmes de santé publique que nous avons mis en place pour lutter contre la polio et la rougeole », a conclu Pedro Gullón.

La journée s’est poursuivie avec deux tables de discussion auxquelles ont participé d’éminents spécialistes.

La première table, consacrée aux défis de la poliomyélite, a été l’occasion de présenter des études sur la surveillance du virus dans les eaux usées (Rosa María Pintó, Université de Barcelone), dans les échantillons cliniques (María Cabrerizo, Centre National de Microbiologie) et une analyse du syndrome post-polio (José Tuells, Université d’Alicante).

La seconde table, axée sur l’élimination de la rougeole, a abordé la situation actuelle du programme en Espagne (Noemí López Perea, CNE), le rôle essentiel de la surveillance virologique (Aurora Fernández García, CNM) et l’expérience acquise lors d’une épidémie au Pays Basque (Pello Latasa, Gouvernement Basque).


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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.